Les Préliminaires Tögel

Extraits d'un Commentaire du Très Vénérable Khenchen Thrangu Rinpoché

sur Les Instructions Directes du Grand Compassionné

par Chagmey Rinpoché

Khenchen Thrangu Rinpoché

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La deuxième moitié de Dzogchen est appelée Tögel ou Sauter. Le point de vue de cette pratique est que les évènements mentaux de la lucidité cognitive de l'esprit, lorsqu'ils sont expérimentés dans leur véritable ou pure forme, sont des déités pacifiées ou courroucées. Les pacifiées sont dans le cœur, les Vidyadharas dans la gorge et les déités courroucées dans l'esprit. Ils demeurent dans les canaux en tant que corps, parole et esprit.

Parce qu'ils sont là si les exactes circonstances sont créées, ils peuvent être vus. Vous créez ces circonstances au travers de conditions externes et internes, tel que le regard [contemplatif], comme vous allez le voir. Au départ, la première fois que vous les voyez vous les voyez comme des cercles ou des sphères de lumière ou des rayons de lumière. Lorsque vous les voyez dans le contexte de l'application correctement réfléchie de la méthode, tel que l'utilisation de la lumière et l'utilisation de l'obscurité, ce que vous verrez mûrit ou se développe progressivement et progressivement les cercles deviennent plus distincts et plus brillants. Ensuite les formes des déités avec leurs ornements et leurs sceptres apparaîtront. Cette méthode est appelée Tögel.

Il y a deux situations dans lesquelles vous pouvez voir ces déités, l'une est pendant les pratiques de méditation Tögel et l'autre lorsque vous expérimentez le bardo de la mort.

Lorsque vous êtes vivant ces déités résident à l'intérieur de votre corps, à l'intérieur des différents canaux. Elles ne sont pas présentes physiquement sous la forme de déités, mais sous la forme de pensées et de fonctions de l'esprit. Lorsque nous mourrons, le corps et l'esprit se séparent et ces déités émergent des canaux où elles étaient présentes jusqu'à ce moment. Lorsqu'elles émergent vous les voyez, parfois en tant que déités pacifiées, parfois en tant que déités courroucées et parfois en tant que Vidyadharas. Si vous n'êtes pas familier avec elles, vous ne les reconnaîtrez pas. Elles apparaîtront même si rapidement que vous ne noterez pas leur apparition, ou vous ne les reconnaîtrez même pas du tout, elles vous terroriseront et vous vous enfuirez loin de elles. La terreur générée devant la projection de votre propre nature est la cause immédiatement génératrice du corps mental dans le bardo. Le corps mental est le véhicule de rechange pour cultiver la prochaine fois l'attachement, le désir assoiffé, l'acceptation qui font que vous cherchiez, et finalement trouviez une renaissance. A ce point, une fois conçu dans votre prochaine vie, les déités se replient une nouvelle fois dans les canaux dans lesquels vous commencez à vous développer.


Maintenant, pendant cette vie vous pouvez voir ces déités en utilisant la technique de la lumière, soit le soleil ou une lumière électrique ou l'obscurité. Si vous exécutez ces pratiques, ces apparences apparaîtront en tant que son, lumière et rayons de lumière. Néanmoins, pour que celui puisse être d'une quelconque utilité, il faut que vous ayez l'expérience de la nature de votre esprit. La nature de ces déités est la présence spontanée, elles sont la représentation naturelle du Dharmata lui-même. Mais si vous n'avez aucune expérience de cette nature d'esprit Dharmata, vous les prendrez par erreur comme étant substantielles ce qui vous causera en retour d'autres confusions.


La pratique de Tögel a deux parties, les préliminaires et la pratique principale. Les préliminaires de Tögel consistent en la séparation du samsara et du nirvana, ce qui est fait en corps, parole et esprit. [la séparation du corps, la séparation du langage, la séparation de l'esprit]


Nous commençons la pratique en nous focalisant sur le samsara. Le samsara est constitué de six royaumes ou les six états; ainsi il existe une méditation séparée pour chacun d'entre eux. Dans chacun des cas vous méditez sur les sensations de ce royaume spécifique, puis sur la vacuité de ces sensations. Vous le faites en regardant la nature directe de votre esprit, et ainsi expérimentant la vacuité des sensations.

Ainsi le premier royaume est le royaume de l'enfer et parmi les deux types de royaumes des enfers, l'enfer chaud. Pendant ces méditations vous vous visualiserez sous votre forme ordinaire, à l'exception du fait que vous visualisez votre corps comme étant vide. Ainsi de l'extérieur vous ressemblerez à ce que vous ressemblez et de l'intérieur il n'y a pas d'os ou d'entrailles.

Au centre de votre pied droit verse le talon, visualisez la syllabe Duh noire. Vous pensez alors que tout le karma qui pourrait à n'importe quel moment causer votre renaissance en enfer, et tout le karma accumulé par d'autres qui causera leur renaissance en enfer, et toutes les kleshas infernales qui vous affligent ainsi que les autres, sont traînées dans la syllabe Duh noire. La syllabe dans votre pied est alors transformée en le royaume de l'enfer chaud, clairement comme une image dans un miroir. Ensuite vous imaginez que vous, sous la forme d'un petit corps, êtes dans cet enfer chaud à l'intérieur de votre pied droit. Essayez d'imaginer aussi clairement que possible, la souffrance inconcevable des enfers chauds. Pendant que vous le faites, répétez le mantra Ram Naraka au moins sept fois. Dans un premier temps lorsque vous pratiquez cette contemplation imaginez vous entrain de brûler dans l'enfer chaud, et environ vers la fin vous regardez directement à la nature de l'esprit, qui fait que les apparitions et les sensations de l'enfer chaud se dissolvent dans la vacuité.


Ensuite, de la même façon vous visualisez à l'endroit correspondant de votre pied gauche une syllabe Duh noire identique, et amenez à l'intérieur de celle-ci tout le karma et les kleshas, accumulées dans cette vie et les vies précédentes par vous même et les autres, qui sont la cause d'une renaissance dans l'enfer froid. De nouveau, imaginez que vous êtes bloqué là et que vous expérimentez toutes les souffrances inconcevables d'un froid extrême. En faisant cela, vous récitez le mantra Kham Naraka sept fois, puis vous regardez la nature de l'esprit du méditant, la personne qui visualise cela, celui qui fait l'expérience, la personne qui expérimente la souffrance et qui regarde la nature de l'esprit. Bien entendu, à ce point se fait le retour à la pratique de Mahamoudra ou Trekcho, et se faisant les apparitions se dissolvent dans la vacuité.


L'objet de ces deux premières méditations consiste, à travers l'expérience directe de la vacuité, à purifier les habitudes des deux enfers. Le deuxième royaume, de bas en haut, est le royaume des preta ou fantômes affamés. La méditation correspondante à ce royaume commence par la visualisation d'un Preh rouge au bas de votre abdomen qui se trouve au centre de votre corps au niveau des parties génitales. Vous pensez que tout le karma accumulé par vous même et les autres, à travers l'avidité et la klesha de l'avidité elle même, en bref toutes les mauvaises actions et obstructions qui peuvent causer la naissance en tant que preta sont amenées dans cette syllabe rouge. A ce point, elle se transforme en royaume des preta. Après être né là, vous imaginez une souffrance intense liée à la faim, la soif et le désir. Vous récitez le mantra Sarva Pretaka au moins sept fois, puis de nouveau, vous regardez la nature de l'esprit de la personne qui médite, la personne qui expérimente, et ce faisant les contenus de la méditation se dissolvent dans la vacuité.


Le troisième royaume samsarique est le royaume des animaux. Pour cela vous visualisez une syllabe de couleur rouge foncé, au niveau du nombril au centre de votre corps, un Trih rouge foncé. Vous pensez que tout le karma et les kleshas qui causent la renaissance en animal, principalement le karma et les kleshas associés avec la stupidité et l'apathie, sont amenés dans cette syllabe qui est transformée en l'habitat ou royaume des animaux. Vous vous imaginez être né dans ce royaume et, de façon aussi réaliste que possible, vous imaginez la souffrance que vous expérimentez en tant qu'animal, tel qu'être esclave et être chassé. La souffrance fondamentale à ce royaume est celle de la stupidité et de l'impossibilité de communiquer. Vous récitez le mantra Sarva Tiryaka, au moins sept fois. Et, à la fin, comme précédemment vous regardez la nature de l'esprit du méditant, celui qui fait l'expérience, causant la dissolution dans la vacuité de toutes les apparitions de la méditation.


Le quatrième royaume, le premier de ceux appelés fortunés ou royaumes supérieurs, est le royaume humain. Là, vous visualisez la syllabe au centre du cœur, la syllabe est Nrih, elle est verte. Ensuite vous pensez à toutes les causes de renaissance humaine, principalement les klesha du désir et le karma accumulé au travers du désir, par vous et les autres, qui se dissolvent dans cette syllabe verte qui devient les quatre continents de ce monde humain. Imaginez vous-même, né là, les souffrances les plus astigmatiques du royaume humain sont la naissance, le vieillissement, la maladie et la mort. Essayez d'imaginer ces quatre aussi clairement que possible. Ce faisant, le mantra récité est Sarva Anuse, sept fois. Après cela, vous regardez la nature de l'esprit, le méditant, celui qui fait l'expérience, et les apparitions se dissolvent dans la vacuité.

Le deuxième des royaumes supérieurs et le cinquième royaume du samsara est le royaumes des Asuras ou non-dieux. Là, l'endroit est le centre de la gorge, la syllabe Suh, et la couleur jaune. Vous visualisez cela et pensez, que toutes les causes de renaissance, principalement la klesha de la jalousie ainsi que les actions motivées par la jalousie sont dirigées dans cette syllabe qui est transformée en royaume des Asuras. Vous imaginez alors que vous êtes nés et bloqués là dans ce royaume, et que vous subissez la souffrance d'un Asura. Maintenant, parce que leur nature est la jalousie, leur souffrance principale est une guerre sans succès contre les dieux, vous imaginez toutes les expériences d'être tués et blessés. Vous récitez le mantra Sarva Asurra sept fois. Ensuite, vous regardez de nouveau la nature de l'esprit, le méditant, celui qui fait l'expérience, et les apparitions du royaume de l'Asura se dissolvent dans la vacuité.


Le sixième et plus haut royaume du samsara est celui des dieux ou devas. Vous visualisez la syllabe Ah, de couleur blanche, à l'intérieur de votre tête, au sommet. Et de nouveau vous pensez que toutes les causes de renaissance dans le royaume des devas sont concentrées dans cette syllabe. Parmi elles il y a principalement l'orgueil et les actions motivées par l'orgueil. Tout cela se dissout dans la syllabe qui se transforme en royaume des dieux, spécialement le type de royaume des dieux qu'on appelle le royaume deva du désire. Vous imaginez être né dans ce royaume et expérimentez la souffrance d'un deva. D'une façon générale, les devas apprécient les plaisirs extraordinaires, le confort et la prospérité, mais comme ils sont encore dans le samsara cela prend fin, et lorsque cela prend fin ils expérimentent d'incroyables souffrances, la souffrance dans la mort et de la chute. Parce que le royaume des devas et la vie dans ce royaume sont si agréables, lorsqu'ils voient des signes de leur mort imminente, avant que cela arrive, ils souffrent terriblement à cause de ce qu'ils perdent. A cause du contraste avec les renaissances successives, qu'ils peuvent voir, si ils savent qu'ils doivent renaître dans un des trois royaumes inférieurs, ils souffrent. Mais même si ils doivent renaître en tant qu'humains ou Asura, ils souffrent parce qu'ils n'auront ni contrôle ni choix. Pensez que vous expérimentez la souffrance d'un deva, et répétez le mantra Sarva Deva sept fois. Et comme auparavant, regardez la nature de l'esprit du méditant, celui qui expérimente, ce qui est la pratique de Mahamoudra ou Trekcho, et l'apparition de la méditation du royaume des devas se dissout.

De cette façon, vous éradiquez ou évitez la renaissance et l'expérience de la souffrance des six royaumes. A la fin de toutes les six phases de la méditation vous regardez de nouveau la nature de l'esprit. Le point consiste à réaliser que l'expérience de la souffrance, tel que les souffrances individuelles des six royaumes, est l'expérience de l'esprit, qu'elle n'est rien d'autre que l'esprit. Ces souffrances arrivent, mais elles arrivent en tant que manifestation ou projection de l'esprit, et l'esprit n'est pas n'importe quoi, c'est vide d'être n'importe quoi. Ainsi en reconnaissant la vacuité de l'esprit et la vacuité des expériences de l'esprit, cela permet d'éviter la renaissance dans les six royaumes. Cela s'appelle aussi fermer la porte de la renaissance dans les six types d'existence.

A ce point, à cette phase de la contemplation, vous récitez le mantra en six syllabes de la Grande Perfection, qui permet d'éviter la renaissance dans les six royaumes.

AH AH SAH SAH MAH HAH.


Ensuite, dans la même méditation, vous visualisez l'incarnation du corps, de la parole, et de l'esprit de sagesse de tous les bouddhas, en tant que les trois syllabes à vos trois places. Ainsi, à l'intérieur de votre tête vous visualisez un OH blanc, à l'intérieur de votre gorge, un Ah rouge, et dans votre cœur, un Hum bleu. Vous pensez ensuite que la bénédiction et la sagesse des corps, paroles et esprits de tous les bouddhas sont regroupés dans ces trois syllabes. Une fois que cette bénédiction et cette sagesse des bouddhas sont amenées dans ces syllabes, elles brûlent du feu de la sagesse, le feu de cinq couleurs dans chacun des cas.

Ensuite, auparavant après avoir visualisé chaque royaume, vous avez regardé la nature de votre esprit, et la visualisation de chaque royaume s'est dissout, mais vous ne vous êtes pas totalement débarrassé des royaumes. Ici vous allez vous en débarrasser. Ainsi vous pensez que le feu de sagesse qui vient de ces trois syllabes remplit tout votre corps, brûlant jusqu'au dernier les six royaumes en une fois, et les graines qui causent la renaissance avec eux. Pendant que vous visualisez cela, vous récitez le mantra OH AH HUM. C'est la part du samsara.


Maintenant on en arrive à la part du nirvana. La part du nirvana est la contemplation des trois joyaux, mais de bas en haut. Ainsi la sangha en premier, le dharma puis le bouddha. Durant la précédente méditation vous vous êtes visualisé sous votre forme ordinaire. Maintenant vous allez changer cela; d'abord vous allez vous visualiser comme étant la sangha. Le membre suprême de la sangha Mahayana est le Bodhisattva Maitreya, parce qu'il sera le prochain bouddha. Il est le membre de la sangha le plus proche de l'état de bouddha. Vous vous visualisez en tant que Maitreya et ce faisant vous récitez le mantra NAMO SANGHAYA, trois fois.


Ensuite vient la contemplation du joyau du dharma. Vous pensez que votre corps, en tant que Bodhisattva Maitreya est transformé en un instant en l'incarnation du dharma. La réalisation du dharma est décrite comme une déité féminine. La cause de tous les éveils, la cause de toutes les bouddhéité est la perfection du discernement, Prajnaparamita.

Parce que la perfection du discernement est véritablement la réalisation de la nature de toutes choses, parce qu'elle est la cause de tous les éveils quant elle est décrite comme une déité, elle est appelée la grande mère Prajnaparamita. Ainsi vous vous visualisez en tant qu'elle parce qu'elle est l'incarnation de tous les dharmas. Elle est de couleur or avec quatre bras et ainsi de suite. Vous récitez le mantra NAMO DHARMAYA, trois fois.

Ensuite vient le joyau du buddha. Vous pensez que vous, sous la forme de la grande mère, êtes transformé en le Bouddha Sakyamouni, et vous vous visualisant comme étant le bouddha, vous récitez le mantra NAMO BOUDDHAYA, trois fois. Ensuite vous étant visualisé comme étant le bouddha, vous vous visualisez comme étant le bodhisattva Avalokiteshvara. La raison pour laquelle vous vous visualisez comme étant Chenrezig à ce moment, c'est parce qu'il est l'incarnation de la compassion de tous les bouddhas. Alors vous pensez que vous le Bouddha Sakyamouni, êtes transformé en le Bodhisattva Avalokiteshvara, et vous vous visualisez comme étant celui-ci de la façon habituelle, de couleur blanche, un visage et quatre bras, et vous récitez le mantra OM MANI PADME HUM, trois fois.


Ensuite, afin de révéler ou d'améliorer la force de la compassion vous pensez qu'Avalokiteshvara est transformé en sa forme féroce ou courroucée, Hayagriva. Maintenant Avalokiteshvara a ces deux aspects parce que la compassion elle même est incarnée dans la forme pacifiée et la force de l'effectivité de la compassion est dans la forme courroucée. Vous vous visualisez comme étant Hayagriva, qui est de couleur rouge et vous récitez le mantra OM HAYAGRIVA HUM PHAT, trois fois.

Maintenant la totalité est maintenant reliée à la purification du corps, et votre corps est constitué des cinq éléments, la terre, l'eau, le feu, l'air et l'espace. Pas seulement votre corps, mais tous les phénomènes externes sont composés aussi des cinq éléments. Pendant que vous réfléchissez sur le fait que les cinq éléments n'existent pas indépendamment, mais que les choses apparaissent ainsi, comme la projection de l'esprit, vous récitez les syllabes essences des cinq éléments E YAM RAM BAM LAM, trois fois. E, l'essence de l'espace, YAM l'essence du vent ou de l'air, RAM l'essence du feu, BAM l'essence de l'eau et LAM, l'essence de la terre. Cette section est la purification du corps.


La seconde section est la purification de la parole. La purification de la parole est réalisée par l'utilisation de la Syllabe HUM, par le Mantra.

Vous vous asseyez dans la même posture, à l'exception des paumes des mains qui sont jointes au dessus de la tête et vous visualisez votre corps comme étant un vajra en or à cinq branches, mais dans le centre du vajra vous visualisez votre esprit comme un HUM bleu, et vous pensez que de la bindu en haut du UM, des tas de hums émergent et sortent de votre corps, du vajra doré, et que l'univers entier est rempli de hums. Ensuite vous pensez qu'ils reviennent et se remettent ensemble dans un hum de forme cubique, dans l'espace devant vous. Ensuite vous pensez qu'à partir hum au centre du vajra, qui d'une certaine façon est identifié avec votre coeur, plus de hums sortent et cette fois ils remplissent votre corps. Pendant que vous faites cela, récitez trois long HUMS, et ensuite, pour le temps restant vous faites de courts HUMS, récités par groupe de trois. La part finale des préliminaires réalisée après cela est appelée le règlement naturel du corps, de la parole, et de l'esprit. Après avoir fait tout cela vous pouvez calmer votre esprit sans stratagème ou artifice dans la pureté primordiale, ce qui signifie que vous retournez au Trekcho ou à la cassure à travers la pratique que vous faisiez auparavant.


Togel Pratique Principale

La pratique principale de la Grande Perfection peut être divisée en deux aspects Trekcho ou la percée et Togel ou le saut, de ces deux, cette section concerne la pratique de Togel. La pratique de la percée ou Trekcho est la base des enseignements de la pratique des six lampes, qui constituent la voie du saut. En elle-même la pratique de Togel a deux aspects, les préliminaires et la pratique principale.

Maintenant nous en arrivons à la présentation de la pratique principale, qui est appelée, l'introduction des six lampes. L'utilisation du terme lampe ou torche, connote ou dénote quelque chose qui dissipe l'obscurité. Ce que nous essayons de faire dans notre pratique consiste à reconnaître en une expérience directe le Dharmata, ou la nature de tous les dharmas ou de toutes les choses.

Et il s'agit bien entendu de la nature de notre propre esprit. Nous le reconnaissons principalement en regardant notre propre esprit. La première chose que vous puissiez dire sur votre propre esprit c'est que c'est la vacuité, parce que c'est vide d'une quelconque existence substantielle. Mais si c'était tout ce que l'esprit est, seulement la vacuité, et que c'était rien, alors nous ne pourrions appeler l'esprit ou la nature de l'esprit, une lampe. Cela n'aurait pas la faculté de dissiper l'obscurité, en fait ce serait l'obscurité elle- même. Bien que la nature de votre esprit soit la vacuité ce n'est pas le sombre ou l'obscurité, c'est l'illumination. En même temps que la vacuité de l'esprit, l'autre caractère qui définit l'esprit est la lucidité cognitive ou la conscience. Ainsi, la première utilisation du terme lampe est de faire référence à la nature de votre esprit qui est comme une lampe, en étant l'union de la lucidité cognitive avec la vacuité.

Il y a six aspects à cette lampe ou à la qualité illuminante de notre nature de base. La première est appelée la continuelle lampe de la base. Et c'est ce qui était souligné dans le chapitre qui introduisait Mahamoudra et Trekcho ou percée. Chaque être sensible, par définition, a un esprit. Chaque être qui a un esprit possède la même nature fondamentale. Tous les esprits sont de la même nature et cette nature est la vacuité, pas l'obscurité. C'est une vacuité qui est inséparable de la lucidité. Cette lucidité qui est la caractéristique définissant l'esprit, ou la connaissance, est en même temps la capacité intérieure de finaliser la parfaite sagesse de la bouddhéité, la capacité intérieure de réaliser la nature de toutes les choses. C'est pourquoi, cette lucidité qui caractérise chaque et tous les esprits est appelée Sugatagarba, ou la graine ou nature de ceux qui s'en sont allé vers la félicité. Le terme sugata fait référence à un bouddha et signifie ceux qui s'en sont allé vers la félicité, ceux qui ne sont plus restés dans un état de souffrance. Quand il est dit que nous possédons tous la nature de base de cela, cela signifie que nous possédons tous la capacité de transcender la souffrance, la capacité de finaliser la bouddhéité. Ainsi la lucidité cognitive d'elle-même et de par elle- même est la graine du potentiel pour finaliser et la capacité de finaliser l'Éveil. C'est ainsi parce que nous avons toujours cela en tant que notre nature de base.


La première des six lampes, la lampe perpétuelle de la base, est dans un sens une explication ou commun à Togel et Trekcho. Les autres sont non communes, dans ce sens qu'elles sont seulement expliquées ou identifiées dans le contenu des instructions de Togel. Maintenant le Dharmata, la nature des choses, si vous le regardez du point de vue de l'immensité de sa portée est littéralement la nature de toutes les choses. C'est la raison pour la quelle il est omniprésent. Mais la racine du Dharmata est l'esprit et ainsi la première observation du Dharmata est dans notre propre esprit.

Nous avons vu auparavant que l'esprit avait deux aspects, ce que c'est ou comment cela est véritablement, et à quoi cela ressemble, ou comme cela apparaît. En de terme de comment l'esprit apparaît, l'esprit apparaît comme résidant dans le corps. Maintenant votre esprit imprègne la totalité de votre corps, mais spécialement l'esprit lui-même.


Dans la sagesse primordiale des sugatas, l'esprit principal est situé dans le cœur. Ainsi, la deuxième lampe est appelée la lampe de la chair de citta. Ainsi la cœur est la lampe faite de chair ou de tissu vivant. La raison en est que, comme nous l'avons vu plus tôt pendant que vous êtes en vie l'emplacement fondamental des huit consciences est votre cœur. Maintenant lorsque vous mourrez et que votre esprit quitte votre corps, c'est quelque chose de totalement différent. Votre corps devient un cadavre. Mais tant que vous êtes en vie, votre corps et votre esprit sont interconnectés. C'est pourquoi la seconde lampe est le cœur qui est le siège de votre esprit.


La troisième lampe est appelée la lampe du canal blanc lisse. C'est le canal qui connecte le cœur aux yeux. Les yeux sont la quatrième lampe et la troisième lampe est le canal qui les connecte. C'est ce canal qui cause las apparitions du Dharmata, siégeant dans le cœur pour être visible. Manifestement dans le but d'être visible ils doivent apparaître aux yeux et les connexions entre le cœur et les yeux est appelé la lampe du canal blanc lisse. C'est un canal, mais c'est un canal qui ne contient ni sang ni lymphe. Il est vide de quoique ce soit sauf du vent. Il est dit par exemple dans quelques tantras Dzogchen, "c'est dans l'endroit blanc du cerveau que les apparences arrivent aux sens." Cela fait référence à la vision des yeux, parce que ce canal venant du cœur, la lampe du canal blanc lisse passe via ou à travers le cerveau.


La quatrième lampe est appelée la lampe d'eau du lasso distant. Cela fait référence à quelque chose qui est dans le centre des yeux. Et, puisque vous pouvez voir des choses distantes, c'est appelé l'eau du lasso distant; du à la composition de l'œil. Cela ne fait pas référence à la totalité de l'œil mais à la faculté des sens dans l'oeil qui est à la fin de la lampe du canal blanc lisse. La lampe du canal blanc lisse commence au coeur et se termine au nerf optique. La quatrième lampe est la porte pour les apparitions de la sagesse. Et, la sagesse dans ce cas fait référence à l'apparition du Dharmata, et la condition de son apparition est l'utilisation des yeux d'une façon particulière ou regard, en relation avec une source de lumière. Traditionnellement le soleil est donné en exemple, mais cela peut aussi être la lumière de la lune, une lumière électrique, ou la lumière d'une flamme. Au travers de l'application du regard vous causez l'apparition de la quatrième lampe, ou dans la quatrième lampe, les yeux, un phénomène de lumière identique à l'arc en ciel. Et cela incarne l'incarnation de la pureté du Dharmakaya et les cinq certitudes du Sambhogakaya, apparaissant initialement comme une lumière ou des cercles de lumières multi-colorés. La porte pour cette apparition est la lampe d'eau du lasso distant. Lorsque vous faites cela et appliquez le regard et utilisez les quatre lampes expliquées jusque là, ce que vous verrez ressemble à la queue d'un paon qui contient des cercles, qui sont souvent de cinq différentes couleurs l'une encerclant l'autre comme des boucliers circulaires utilisés dans la guerre. Ce que vous voyez avec la quatrième lampe c'est la cinquième lampe qui est appelée, la lampe pure de la surface. Ici elle est appelée la lampe pure du Dharmadhatu. Grâce à la réunion de la quatrième et de la cinquième lampe vous expérimentez la projection spontanée de la nature de toutes les choses. Ce qui signifie que ce que vous voyez n'est pas un phénomène physique créé ou composé. A travers les rayons de lumière qui sont créés par le regard non seulement vous voyez de grands cercles ou sphères mais une quantité de minuscules ou de petits, comme un réseau de perles ou de petites gouttes telles des yeux de poisson, et de temps en temps ils apparaissent comme des motifs bougeant d'un réseau de croisillons. Cet aspect de ce que vous voyez est l'apparence de l'activité incessante du Nirmanakaya.


Ce que vous expérimentez s'appelle l'apparition des Trikayas sous la forme d'un arc en ciel; ils sont la projection illimitée de la même nature le Dharmata. Ce que vous voyez est le trois kayas en tant qu'apparitions unifiées. Sachez quelles apparaissent de différences façons; sachez qu'en réalité les différents modes d'apparitions des trois incarnations sont en essence indivisible de la réalité elle-même. La façon de le faire consiste à utiliser une source de lumière et dans le texte l'exemple utilisé est le soleil. Habituellement vous utilisez le soleil dés qu'il s'est levé ou qu'il brille. Mais, quelque soit le moment, cela doit être fait d'une certaine façon pour que cela marche et que ce ne soit pas dangereux.


La première chose consiste à ne pas regarder le soleil. Vous n'essayez pas d'avoir la lumière directe du soleil dans vos yeux. Ni de regarder les rayons du soleil dans le sens habituel, lorsque le soleil a des rayons apparent. Ce que vous faites consiste à regarder une coudée (quelques centimètres) en dessous du soleil, à quelque distance de lui, et vous faites apparaître les rayons en plissant des yeux. En fermant à demi les yeux, vous ajuster précisément la fermeture à ce qui est nécessaire pour générer les apparitions des rayons. Lorsque cela arrive, une des choses qui arrive est que vous faites naître l'apparition des réfractions de la lumière, de façon qu'elles apparaissent de différentes couleurs. Le plissement des yeux fait apparaître les rayons de lumière comme des armes alignées, des lances parallèles, qui semblent être une averse d'armes fusillant notre coeur.


Un aspect et un bénéfice de cet exercice, est que vous vous préparez pour les apparitions du bardo. Parce que, dans le bardo après la mort, la lumière de sagesse apparaît en partie comme des rayons de lumière brillants que vous percevez comme menaçant, comme des armes, comme quelque chose que vous devez craindre. Ainsi une des choses que vous faites pendant cette pratique est d'apprendre à reconnaître de tels phénomènes comme votre propre apparition, pas comme quelque chose d'extérieur à vous-même. Lorsque vous faites cela vous voyez cinq couleurs lumineuses. Les cinq couleurs lumineuses sont considérées être la projection de la vacuité. La raison pour laquelle vous voyez ces cinq couleurs est parce que dans un contexte ou une forme impure, nous expérimentons les cinq poisons, l'attachement, l'aversion, l'orgueil, la jalousie, et l'apathie. Si elles sont reconnues dans leur véritable nature, ce sont cinq sagesses, inséparables des cinq bouddhas. Dans un contexte impur nous expérimentons les cinq agrégats, la forme, la sensation, la perception, la formation mentale et la conscience. Dans la forme pure elles sont les cinq bouddhas, Varochana, Akshobhya, Ratnasambhava, Amitabha and Amoghasiddhi. Dans les contenus impurs, nous expérimentons les cinq éléments. La lumière bleue est l'élément espace, la lumière blanche l'eau, la lumière jaune de la terre, la lumière rouge du feu et la lumière verte de l'air. Dans leur pure forme elles sont les cinq femelles bouddhas. La lumière bleu fonçé est Akasadhatvisvari, la lumière blanche est Buddhalocana; la lumière jaune est Mamaki; la lumière rouge est Pandaravasini et la lumière verte est Samayatara.


Les cinq couleurs lumineuses sont les cinq familles naturelles, blanche la famille sugata; bleu la famille vajra, jaune la famille ratna, rouge padma; et vert karma. Mais si elles ne sont pas reconnues, elles sont les cinq vents qui donnent naissance à aux cinq éléments physiques. De nouveau si pas reconnu elles sont les cinq directions, le centre, le sud, l'ouest, l'est et le nord. Si leur nature est reconnue elles sont les cinq dimensions pures. Si non reconnues ce sont les cinq maras; la mara du seigneur de la mort, qui signifie que tout le monde est sujet à la mort, qui bien entendu interrompt leur pratique. La mara des agrégats, fait référence au corps physique, encastré dans ce corps humain matériel sujet aux changements. La mara des kleshas ou mara des émotions perturbatrices, consiste à être pris dans ces émotions, comme le sont tous les êtres humains. La mara des enfants des dieux est le démon de la séduction. C'est notre voix intérieure qui murmure à notre oreille et donne des mauvais avis tels que, il y a mieux à faire que de pratiquer. Fais le plus tard, demain, la semaine prochaine ou le mois prochain. Si elles sont reconnues ce sont les cinq déités courroucées, vajra heruka, ratna heruka, et ainsi de suite. La technique qui vient d'être présentée utilise la création des apparitions des rayons du source de lumière, tel que le soleil, est appelée "l'introduction aux rayons". Les apparitions sont classées en tant que rayons de lumières ou son.


Une autre instruction qui est donnée est appelée "l'introduction à l'étreinte des océans". Le mot océans fait référence aux yeux est il s'agit de la technique où vous étreignez ou vous pressez sur vos yeux avec vos doigts, et le faisant vous voyez de la lumière. La lumière que vous voyez est dite être la projection de la lumière de sagesse des déités pacifiées dans votre cœur. Afin de voir ces lumières particulières il vous faut presser assez fort. Alors ne le faites pas trop longtemps.


La troisième qui est liée au son est appelée "l'introduction aux vagues de l'océan". Cette fois, avec vos doigts vous bloquez vos oreilles en pressant dessus. D'abord de façon indistincte et puis progressivement de plus en plus fort, vous entendez un hum ou un hummement, qui est dit être le son naturel du Dharmata. Maintenant la raison de toutes ces techniques consiste à utiliser l'apparition comme un moyen pour réaliser la nature elle-même, ou le Dharmata. Vous pouvez aussi le faire en restant dans le noir parfait. D'une façon générale les techniques qui utilisent la lumière sont appelées instructions ou guidage dans la clarté, et celles qui dépendent sur l'obscurité sont appelées instruction dans l'obscurité. Ces apparitions peuvent apparaître par la pratique de la méditation en utilisant des techniques ou elles apparaissent aussi après que soyez mort dans le bardo.. Lorsque ces apparitions apparaissent dans le bardo elles constituent les six lampes, qui sont appelées "la lampe du temps du bardo". Quoique dans le bardo les apparitions de lumière et de son sont bien plus intenses que ce que vous expérimentez au travers de la pratique dans cette vie. Néanmoins, en se familiarisant avec ce phénomène dans cette vie avec la pratique, vous gagnez la capacité de ne pas être intimidé par ces apparitions en les reconnaissant comme des projections vides.


Maintenant la partie du bardo, ou phase du bardo, dans laquelle ces choses arrivent est appelée "bardo du Dharmata". Lorsque vous mourez, ce qui s'appelle le vent de vie s'affaiblit progressivement. C'est le vent de vie qui vous maintient en vie, et le vent de vie supporte l'élément blanc, que vous avez hérité de votre père et qui se trouve au somment de votre tête; et l'élément rouge que vous avez hérité de votre mère se trouve au bas de l'abdomen. Lorsque le vent de vie s'affaiblit de plus en plus, les deux gouttes commencent à bouger. C'est comme si le vent maintenait une pression qui maintenait ces éléments en place. Lorsque le vent de vie commence à devenir de plus en plus affaibli l'élément blanc, hérité de votre père, descend du haut de votre tête à travers votre corps, vous faites l'expérience d'une blancheur complètement environnante. Lorsque l'élément rouge hérité de votre mère commence à se déplacer vers le haut à partir du bas de l'abdomen, vous expérimentez une rougeur complètement environnante. Lorsque le vent de vie ne fonctionne plus, ces deux éléments se rencontrent au coeur et encapsule la graine de l'esprit dans le cœur causant l'expérience d'un noir complètement environnant, ou obscurité. Immédiatement après cela il y a l'expérience de la vacuité, une expérience de la nature de toutes les choses, telle qu'elle est, sans aucune autre apparition ou aucun facteur interférant. Cette expérience initiale de la vacuité et ce qui arrive immédiatement après, est appelé le "bardo du dharmata", parce que c'est la projection ou l'expérience de la nature des choses elle-même.


Si vous êtes devenu familier avec la nature des choses à travers la méditation, dans la vie précédente, alors il n'y aura pas de différence entre le Dharmata que vous avez expérimenté et le Dharmata qui se présente à vous à ce point et être capable de reconnaître le Dharmata actuel. A cause de l'expérience que vous en avez dans la pratique s'est appelé "la rencontre des Dharmatas de la mère et de l'enfant". La mère est ce qui apparaît pour tous, et l'enfant est ce que vous avez cultivé et vous êtes familiarisé par la pratique.


Ainsi de cette façon, grâce à la pratique, vous êtes capable de reconnaître la nature, puis vous restez quelque temps dans cette reconnaissance, dans l'état de samadhi. Si vous ne la reconnaissez pas, alors cette brève apparition de la vacuité cesse et vous commencez à voir les apparitions de la claire lumière telles que les déités pacifiées et courroucées, les lumières et le sons, et autres. C'est à ce point que la familiarité avec cela, au travers de la méditation sur les lumières, les cercles et les formes des déités, sera bénéfique.

Dans Trekcho et essence Mahamoudra le point principal consiste à être dedans et à maintenir la continuité de la vue. Lorsque l'on pratique Togel en maintenant la vue, on utilise out ce qui se manifeste comme un ornement dans le sens où cela confirme que toutes les différentes expériences sont en réalité la projection ou la manifestation de l'éveil inné.


Si vous avez l'habitude de méditer sur cet aspect de La Grande Perfection, alors vous pouvez finaliser la libération à ce point dans le bardo. C'est pourquoi, à ce point Karma Chagmey Rinpoché dit, "afin de se préparer pour cet aspect de l'expérience après la mort, vous devriez régulièrement regarder la lumière de cette façon". Puis il dit, "Si vous le faites assidûment, vous verrez véritablement des choses fantastiques". Il nous averti à ce point. Il dit, "ne commettez pas d'erreur ce que vous voyez lorsque vous faites cela véritablement n'est pas comme de regarder un arc en ciel qui apparaît dans le ciel. Ce n'est pas une lumière externe dans ce sens, parce que c'est l'apparition spontanée des cinq familles? C'est pourquoi, lorsque vous voyez ces cinq rayons de couleurs lumineuses, ce n'est pas différent de voir Avalokiteshvara, Amitabha et Gourou Rinpoché. les déités courroucés tel Hayagriva", et ainsi de suite.

Comme je l'ai mentionné auparavant, ce qui est principalement requis pour que cette technique fonctionne correctement c'est qu'il y ait un certain niveau de reconnaissance de ce qui était montré (pointé) dans la présentation de Mahamoudra et de Trekcho. C'est notre capacité de se détendre simplement dans notre esprit ordinaire, dans cet état qui est vide mais vacuité connaissante, indivisible de la connaissance.


Dédicace

Le Dix-huitième chapitre concerne sa dédicace et aspiration et nous trouvons dans ce chapitre un conseil sur cela. Le premier point que Chagmey Rinpoché souligne ici est qu'il nous faut être vigilant, il cite des maîtres précédents qui disent : " Il n'est pas suffisant que le Dharma soit la grande perfection, en complément le pratiquant, la personne doit être grandement parfaite. Néanmoins, j'ai vu beaucoup de gens qui malgré la profondeur de ce qu'ils prétendent pratiquer, restent parfaitement ordinaires". En d'autres termes il nous faut véritablement nous appliquer à pratiquer et cela implique les deux aspects de l'attention, l'attention continue et l'attention dévote. Chagmey Rinpoché dit que si vous êtes attentif dans la pratique le résultat final sera bon. Dans le meilleur des cas cela signifie la réussite, grâce aux plus grandes attentions, de l'éveil parfait à la bouddhéité dans cette vie. Sinon, mais si on a pratiqué en général avec assiduité les étapes de génération et de finalisation, et les pratiques de Mahamoudra et de Dzogchen, alors dans le bardo après que l'on soit mort, on finalisera l'état de notre yidam et de cette façon on finalisera l'éveil et la libération. Et sinon, alors au moins on garantira grâce à un désir intense que l'on naîtra dans une dimension pure. Pour renaître dans la plupart des grandes dimensions pures, on a besoin d'un nombre incalculable de mérite accumulé. L'exception à cela concerne la dimension de Sukhavati; qui bien que ce soit aussi une authentique pure dimension, il soit facile d'y naître à cause du vœu du Bouddha Amitabha. Ainsi, à cause de cela, Chagmey Rinpoché nous avertit de faire le vœu intense de concrétiser la renaissance à Sukhavati. Parce que, si vous n'êtes pas né dans une dimension pure et si vous ne finalisez pas l'éveil alors bien entendu vous devriez naître dans l'une des dimensions supérieures du samsara, mais ce n'est pas véritablement terrible. Alors au mieux nous désirons, grâce à la pratique de génération et finalisation, la pratique de Mahamoudra et de Dzogchen, finaliser l'éveil, mais sinon, nous devons garantir que nous renaîtrons dans une dimension pure, et il nous recommande de renaître à Sukhavati en particulier.


Chagmey Rinpoché résume le contexte de la totalité de son livre et de comment mettre en place toutes les choses dont il a parlé dans les dix-huit chapitres. La pratique, bien entendu, consiste en les préliminaires communs, les quatre pensées, les préliminaires non-communs, la pratique de la génération et de la finalisation de Mahamoudra et les pratiques Dzogchen de Trekcho et Togel. A ce point il présente une façon pour appliquer cela en tant que pratique en continu. D'abord, quoi que vous pratiquiez vous devez garantir que vous ne le faites pas pour votre seulement pour votre propre bénéfice. Au début de chaque session de pratique clarifiez avec concision votre motivation pour la faire. Rappelez vous qu'il y a un nombre incalculable d'êtres qui souffrent intensément, qui n'ont pas le bonheur qu'ils recherchent. Décidez que quelque soit la pratique que vous entamiez, quelque soit l'action vertueuse que vous réalisiez ce sera fait pour leur bénéfice. De cette façon, avant que la session ne commence, générez la bodhicitta. Puis au début de la session rappelez vous brièvement en séquence les quatre pensées qui transforment l'esprit, puis rapidement méditez ensuite sur les préliminaires non communs, chacun des quatre ou cinq, si les refuges et la bodhicitta sont considérés comme des préliminaires non-communs séparés. Ensuite pour la pratique principale visualisez vous comme étant Chenrezig, tel qu'expliqué dans le texte, et visualisez le Bouddha Amitabha au dessus de votre tête comme seigneur de votre famille. Ensuite pensez que Amitabha est l'incarnation de tous les gourous racines et de la lignée et pour renforcer cette pensée, invitez tous les gourous racines et de la lignée, y compris tous les siddhas de l'Inde et du Tibet, et faites qu'ils se dissolvent dans Amitabha. Ensuite invitez tous les yidams avec lesquels vous êtes connecté, tel que Vajrasattva, quels qu'ils soient, invitez les tous et dissolvez les en vous en tant que Chenrezig. Ensuite visualisez la syllabe graine HRIH dans votre coeur et les six syllabes du mantra OM MANI PADME HUNG vous entourant. Réfléchissez au fait que ce mantra est le le mantra essence de tous les yidams sans exception. La raison de ce rappel d'Amitabha en tant qu'incarnation de tous les gourous et Chenrezig en tant qu'incarnation de tous les yidams, et son mantra en tant qu'incarnation de tous les mantras essence, est que le faisant vous pouvez être entrain de le faire simultanément pour tous les gourous, tous les yidams, et tous les mantras. Pensez que des rayons de lumière émergent de la syllabe HRIH et du mantra qui l'entoure dans votre coeur, remplissent l'univers entier qui est transformé en le royaume de Sukhavati. Ces rayons de lumière frappent aussi tous les êtres, transformant chacun d'entre eux en le bodhisattva Chenrezig, en restant dans l'attitude que l'univers entier est Sukhavati, et que tous les êtres à l'intérieur sont Chenrezig. Ceci est l'entretien du premier de ce qui est appelé les trois mises à nu, c'est la mise à nu ou vue de toutes les apparitions en tant que corps ou présence de la déité.


Après que la répétition du mantra OM MANI PADME HUNG ait commencé, et pendant que vous le récitez, pensez que simultanément tous les êtres sous la forme de Chenrezig récitent le mantra en même temps que vous. Le contemplant tout en répétant le mantra est la pratique de la deuxième mise à nu ou point de vue, qui est l'attitude que tous les sons sont la parole ou le mantra de la déité. La valeur particulière de cela est que, en le contemplant sans distraction, tous les êtres sans exception récitent le mantra en même temps que vous, le moindre des mantras que vous récitiez devient l'équivalent de billions de mantras. Après la récitation, observez votre esprit et quelque soit les pensées qui apparaissent, bonnes ou mauvaises, observez lesa sans distraction et sans chercher à les transformer. Cette pratique est la troisième mise à nu, l'attitude que toutes les pensées et mémoires sont l'esprit ou la sagesse de la déité. De cette façon vous pratiquez ce qui est appelé la mise à nu en trois parties.


La troisième partie de la mise à nu en trois parties est le point de vue que toutes les pensées et rappels sont l'esprit de la déité, y compris la pratique de Mahamoudra et l'aspect Trekcho de la pratique de la Grande Perfection. De cette façon la pratique de la mise à nu en trois parties, apparitions en tant que présence de la déité, son en tant que parole ou mantra de la déité, et pensées et rappels en tant qu'esprit ou sagesse de la déité, inclut la pratique de l'étape de génération, l'étape de finalisation et leur union. Quant à la façon de le pratiquer, vous pouvez pratiquer ces trois mises à nu simultanément. De cette façon vous possédez une pratique simple qui comprend tous les points essentiels. Mais si c'est difficile, vous pouvez aussi les pratiquer en séquence comme c'était expliqué ici.


Maintenant en complément, Chagmey Rinpoché dit : "Au lever et coucher du soleil ou si vous n'utilisez pas le soleil, lorsque vous avez accès à une lumière électrique appropriée ou une chandelle, pratiquez Togel en regardant les rayons et dés que vous vous levez le matin et en tant que dernière chose avant d'aller vous coucher pratiquez Tonglen, prendre et donner. La prise de la souffrance des autres et le don que vous leur faite de votre bonheur, en coordination avec la respiration. Enfin juste avant d'aller vous coucher, dédicacez toute la vertu que vous avez accumulé pendant la journée à l'éveil de tous les êtres, avec le désir que tous les êtres atteignent la bouddhéité sans obstacle aussi rapidement que possible. En complément de temps en temps faites le voeux de renaître dans la pure dimension de Sukhavati. Si vous pratiquez tout cela sous une forme relativement simple et concise vous possédez une pratique du dharma complète. Le point principal de ces dix-huit chapitres est comment mettre en place les contenus de ce livre en une pratique continue, intensément. Cependant ce chapitre concerne la dédicace. Un point particulier est marqué sur la pratique de la dédicace. En général la dédicace de la vertu et la dédicace du mérite consistent en la dédicace de toutes les vertus que vous avez accumulées pour l'éveil de tous les êtres. Ceci est réalisé en relation avec le désir sincère que tous les êtres reçoivent et profitent véritablement de cette vertu, afin qu'ils finalisent l'éveil désiré aussi rapidement que possible. Néanmoins, si cette dédicace est faite avec un esprit d'attachement à la réalité des choses elle est affaiblie. C'est pourquoi il nous est dit de réaliser une dédicace dépourvue de certification en trois parties, qui consiste en la croyance en la véritable ou inhérente réalité de la personne réalisant la dédicace, en la vertu dédicacée et en ceux à qui elle est dédicacée. C'est la raison pour laquelle la dédicace idéale est une qui est libre de l'idée que la dédicace existe, que la vertu dédicacée existe et que le receveur de la dédicace existe. Vous pouvez vous demander, comment fait on cela ? La meilleur façon est d'être apaisé dans l'état de la pratique qui consiste à être sans errance [de l'esprit] et de rester observer la nature de votre propre esprit, sans vagabonder hors de cette reconnaissance, dédicacez la vertu à tous les êtres. C'est la façon la plus efficace de dédicacer la vertu. Cela termine une explication du texte de Chagmey Rinpoché, l'Union de Mahamoudra et Dzogchen.

Comme je l'ai dit, ce texte contient dix-huit chapitres. De ceux-ci j'ai omis la plupart des chapitres concernant les pratiques préliminaires, à l'exception du chapitre sur la bodhicitta. Mais j'ai donné une explication et des instructions pratiques dans les chapitres sur tous les aspects de la pratique principale.


Maintenant je réalise que vous pratiquez tous déjà, ainsi vous n'avez pas besoin de mes encouragements pour pratiquer, mais rappelez vous que s'il vient un moment où les conditions qui conduisent à la pratique ne sont pas réunies, ne désespérez pas. Maintenez l'attitude, je vais pratiquer au tant que je peux compte tenu des conditions, parce qu'à chaque fois que vous pratiquez, chaque fois que vous contemplez ces choses et chaque fois que vous les écoutez, les graines ou habitudes s'implantent en vous conscience toute- base, habitudes de la pratique de l'étape de génération, pratique de l'étape de finalisation, Mahamoudra, et ainsi de suite. Ainsi vous êtes très fortunés que tout ça vous soit révélé, de pratiquer ces choses, d'acquérir de l'expérience de ces choses. Et rappelez vous même lorsque ça devient difficile, maintenez une attitude confiante, enthousiaste et dévote. En bref pratiquez autant que vous pourrez.


Traduit de l’anglais par Sönam Gyaltsen pour SanghaForum