Grand commentaire sur les Six Yogas de Naropa qui permet de découvrir cette pratique majeur de l'école Kagyü. Bien entendu les pratiques proposées et notamment la pratique de Candali (Tummo) nécessite d'en avoir reçu l'initiation et l'accompagnement d'un maître dans la discipline. Toutes les instructions ne sont pas données dans le texte et comme il est souligné dans la conclusion, de telles pratiques, non accompagnées, peuvent mener à d'importants dérèglements :
"En bref, il existe de nombreux obstacles aux enseignements de la candali a court et de ses pratiques subsidiaires, tel que le corps illusoire, et il est difficile de savoir comment les éviter.
Lorsque le vent est maintenu dans les noeuds des canaux ou en d’autres endroits, n’importe qu’elle sorte d’expérience peut se produire. Si, en conséquence de ces expériences, vous souffrez, devenez arrogant, espérez ou êtes effrayés, ces expériences vous deviendront des obstacles. C’est la raison pour laquelle il vous faut éviter de tomber sous le pouvoir de ces obstacles en comptant sur le nectar qui sort de la bouche du gourou sacré."
Je rends hommage et vais en refuge au gourou et à la déité Sahajā.
Je prie pour obtenir l’autorisation d’expliquer le sens.
Ce qui suit est un résumé de la profonde étape de finalisation des Six Dharmas de Nāropa, une
tradition de la précieuse lignée de pratique, la Karma Kamtsang. Ceux qui désirent la
pratiquer doivent le faire en trois étapes :
I. La préparation
II. La pratique principale
III. La conclusion
Tout d’abord il est nécessaire que vous receviez, d’un authentique gourou, une initiation dans le mandala d’une déité yidam du Haut Tantra Yoga telle que Cakrasamvara et Hevajra.
[1ère pratique]
Ensuite, en un lieu où la stabilité méditative ne peut être perturbée, entraînez l’esprit à la
pratique des préliminaires communs, tel que la difficulté d’obtenir les libertés et les
opportunités [d’une précieuse existence humaine]. Trouvez l’inspiration en développant une
insupportable et bouleversante compassion pour les êtres. Prenez refuge et développez la
bodhicitta. Imaginez ensuite Gourou Vajrasattva à la couronne de votre tête, son corps de
lumière assis sur un disque de lune au centre d’une tente de lumière. Il est blanc et possède un
visage et deux bras. Sa main droite tient, au niveau du cœur, un vajra à cinq dents. Sa main
gauche, détendue, tient une cloche contre sa hanche.
Il est majestueux. Développez, pour lui, une intense dévotion. Un flot de nectar ressemblant à
du lait descend de son corps, pénètre par votre fontanelle, et remplit tout votre corps. Cela
cause l’élimination des agrégats de karma venus à maturité et de leur contenu, comme
lorsqu’un serpent change de peau. Votre corps devient transparent comme une boule de
cristal. Imaginez que tout le mauvais karma et les obscurcissements accumulés depuis des
temps immémoriaux ont été purifiés. Récitez :
Gourou Vajrasattva Blanc est sur un siège de lune
au centre d’une tente de lumière au dessus de la couronne de ma tête.
A cause de la dévotion que j’ai pour lui, le nectar descend,
nettoie mon corps karmique, et me purifie du mauvais karma et des
obscurcissements.
Pratiquez cette récitation et visualisation, et chantez le mantra des cent syllabes de nombreuses fois. Imaginez que Vajrasattva se mélange à vous, puis terminez la séance.
[2ème pratique]
Vient ensuite la méditation de gourou yoga afin de recevoir rapidement la bénédiction. De
l’espace sans fondement s’élève le son de la vacuité sous la forme d’un aham, causant la
fusion du monde et de ses êtres. Ils réapparaissent sous la forme d’un inconcevable palais sans
nature propre. Vous vous trouvez en son centre sous la forme de Bhagavān Heruka. Vous êtes
de couleur bleue, et possédez un visage et deux bras. Vos deux bras, tenant un vajra et une
cloche, embrassent votre parèdre Vajarayoginī. Elle est rouge et tient un couteau à écorcher
ainsi qu’un kapāla (1). Sa jambe gauche est droite, et sa jambe droite est recourbée autour de
vous. Des joyaux, une croix vajra et un croissant de lune parent le chignon sur le haut de votre
tête. Vous portez une longue guirlande constituée de cinquante têtes fraîchement coupées et
une couronne de cinq crânes sur lesquels se trouvent des joyaux. Vous vous tenez sur votre
jambe droite dépliée. A la couronne de votre tête se trouve Gourou Vajradhara bleu, assis
dans la position du vajra et tenant un vajra et une cloche. Il est embrassé par sa parèdre,
Vajravārāhī, rouge et tenant un couteau et un kapāla, elle est assise dans la position du lotus.
Vous vous tenez debout sur un lotus et une lune, au milieu d’un espace de rayons de lumière
brillante.
Imaginez que des rayons de lumière brillent à partir de votre corps transformant tous les êtres
en des déesses vous faisant des offrandes. Pour cette visualisation récitez :
Aham, le son de la vacuité, arrive de l’espace vide,
faisant que j’apparais en tant qu’heruka.
Le gourou et sa parèdre sont plaisamment assis sur la couronne de ma tête.
Tous les êtres deviennent des déesses d’offrandes et nous font des offrandes.
A la suite de cette visualisation récitez :
En présence du gourou, union de tous les bouddhas,
Avec dévotion j’offre les sublimes
Mont Mérou et les quatre continents,
Cent millions de quatre continents,
Cent milliards et cent mille milliards,
Tous réunis en un seul mandala.
J’offre les trois portes, les possessions,
et l’accumulation de bon karma de tous les êtres et prie pour que vous les acceptiez.
J’offre au glorieux gourou suprême
une variété d’offrandes externes,
l’urine, les excréments, le sang, le sperme, et le cerveau,
les goûts par lesquels on obtient la réalisation de la grande vacuité,
et la chair humaine, de chevaux, de chiens, de bœufs et d’éléphants,
les goûts par lesquels existe la brillante grande félicité
avec la pureté du nectar de la sagesse d’être.
Je prie pour que vous me donniez votre bénédiction.
Les déesses d’offrandes se mélangent dans la parèdre du gourou.
A cause de l’union non duelle du mâle et de la parèdre féminine,
Elles sont satisfaites par l’offrande secrète de la félicité et de la vacuité,
Et leur beauté resplendit brillamment.
Après cette méditation et cette récitation, afin de recevoir l’initiation, récitez :
E ma ho ! E ma ho ! Dharma !
E ma ho ! Le sens du Dharma apparaît.
Le sens pur du Dharma est altruiste.
Roi vajra, je me prosterne en votre hommage.
Conférez moi quotidiennement le vajra de l’espace.
En résultat de cette supplication, le son de l’union des déités masculines et féminines invoque
tous les bouddhas des dix directions. Ils se réunissent et résident dans le cœur du gourou. Ils
se mélangent à la bodhicitta qui coule par la porte du vajra et émane dans le lotus de la
parèdre féminine. Elle fait une offrande aux déités du mandala dans le corps de la femme,
puis « l’abeille » vajra boit tout le « miel », qui est toutes les déités du mandala mélangées au
nectar dans le corps de la femme. Cela coule de leur point d’union, entre par votre fontanelle,
pénètre l’intérieur du canal central, et émane et imprègne les soixante-douze mille canaux. De
cette façon vous recevez l’initiation du vase, et les canaux purifiés rendent manifeste le corps
vajra.
Le débordement du nectar atteint les pieds du gourou et de sa parèdre de telle sorte qu’ils en
deviennent encore plus brillamment beaux qu’auparavant. Puis le gourou et la parèdre
s’embrassent, s’enlacent, enserrent dans leurs bras les canaux de leurs hanches et
sauvagement écrasent ensemble leur vajra et lotus. Il en résulte la production, sous la forme
d’un liquide, d’une bodhicitta blanche et rouge. Elle atteint votre langue qui à la forme d’un
vajra à trois dents. A partir de là, elle passe à travers les lettres ya, ra, la et va dans la gorge et
se propage et imprègne les vingt-et-un mille vents qui fabriquent les dix vents. Il en résulte
que vous obtenez l’initiation secrète et les vents purifiés rendent manifeste la vajra de la
parole.
Puis, de la parèdre du gourou, une deuxième Vāhāri est émanée. Elle se mélange à la parèdre
qui est en union avec vous sous la forme de heruka. Cette union de l’heruka et de la parèdre
fait descendre la bodhicitta de la couronne de votre tête à la gorge pour que la « joie » soit
expérimentée. Le vajra pénétrant complètement le lotus fait descendre la bodhicitta dans le
cœur, pour que soit expérimentée la joie suprême. En fermant l’air inférieur et en empêchant
l’émission, on empêche que la bodhicitta atteigne le nombril, et la joie spéciale est
expérimentée. Puis le vajra aspire doucement les anthères du lotus de telle façon qu’il
maintienne l’élément vital mélangé. La bodhicitta se répand, pénétrant jusqu’à l’extrémité de
l’organe secret, et la joie intérieure est expérimentée. De cette façon vous acquérez l’initiation
de la sagesse et du savoir et les gouttes purifiées rendent manifeste le vajra de l’esprit.
Après cela, l’expérience de la vraie nature non-conceptuelle et inexprimable, la sagesse de la
grande félicité, se développe au sein de votre être. Elle se fusionne avec la sagesse non duelle
de la grande félicité des esprits de Gourou Vajradhara et de sa parèdre en un goût unique
dépourvu d’élaboration. La sagesse non-conceptuelle de la voie se perpétue en devenant la
sagesse non-conceptuelle du résultat. Elle émane, se répand, et devient la sagesse de l’animé
et de l’inanimé. Finalement, vous acquérez la quatrième initiation, et la conscience purifiée
rend manifeste le kaya de grande félicité.
Ensuite, le vajra du gourou et de la parèdre stabilise le samaya de l’esprit à la couronne de la
tête et au cœur. La cloche stabilise le samaya de la parole à la gorge et à l’organe secret. Le
moudra stabilise le samaya du corps dans le canal central complètement pur. Finalement,
vous obtenez l’initiation du grand maître Vajracarya et vous développez la confiance du
maintient, aussi longtemps que durera le samsara, de la pratique de l’activité infinie. En
visualisant cela, récitez :
Le nectar de l’union du gourou et de la parèdre remplit les canaux.
Le flot de la bodhicitta nettoie les vents.
Je fais l’expérience des quatre joies de l’union, et réalise la vraie nature.
Mes trois samayas sont stabilisés ; J’ai reçu l’initiation et suis devenu un acarya.
A la suite de cette récitation et visualisation, récitez cette prière d’aspiration :
A travers toutes mes vies, puissé-je ne jamais confondre le seigneur de ma famille.
Puissé-je posséder le mandala du Bhavagan Rudra,
boire le nectar du lotus de la prajna,
et purifier l’existence dans l’essence de l’illumination.
Telles sont les instructions de préparation des pratiques préliminaires.
La pratique principale consiste en les six Dharmas, caņdālī et les autres.
Il a trois parties :
1. Atteindre ce qui n’a pas été atteint
2. Stabilisé ce qui a été atteint
3. Accroître l’avantage de cette atteinte
[3ème pratique]
D’abord il y a l’entraînement au corps vide. Concernant la posture physique, asseyez vous sur un coussin confortable, les jambes croisées comme un filet entrelacé. Appuyez les mains vers le bas, dans le moudra de méditation. Gardez votre dos aussi droit qu’une flèche. Placez vos coudes tournés vers l’intérieur contre le corps, les biceps tournés vers l’extérieur, de telle façon que la partie haute des bras se retrouve remontée comme les ailes d’un vautour. Baissez rapidement le menton. Vos yeux regardent vers le bout du nez. Laissez vos lèvres et votre langue naturellement détendues. Portez une ceinture de méditation placée en dessous des genoux et autour des épaules afin de garder le corps droit. Priez le gourou avec dévotion en récitant :
Om ah hum kaya vak citta jnana vajra svabhava atmako ‘haṃ.
[Om ah hum. Je suis l’identité de la nature du corps, de la parole, de l’esprit et des
vajras de sagesse.]
Cela transforme les mondes et tous les êtres des trois royaumes en « base et basé » de la
« roue de la sagesse ».
Vous êtes au centre en tant que Bhagavati Vajrayogini, de couleur rouge, jeune et mature.
Toutes ses proéminences sont rouge foncé, comme si elles étaient mises en valeur par de la
laque. Votre unique visage fait voir légèrement ses crocs. Votre main droite brandit un
couteau à dépecer, alors que la main gauche tient un bol en crâne rempli de sang. Le creux de
votre bras supporte un khatvanga, qui est la heruka [parèdre]. Un tiers de vos cheveux est
noué en un chignon alors que le reste pend librement. Vous portez un long collier fait de têtes
humaines. Vos seins et votre vagin sont hypertrophiés et proéminents. Vous vous complaisez
dans une posture de danse sur un lotus, un soleil et un cadavre jaune. Vous vous trouvez à
l’intérieur d’un brasier de sagesse en flamme. La partie inférieure de votre corps est nette est
claire, dépourvue de toute impureté, comme une peinture vide sur la surface de l’espace. En
visualisant cela comme étant sans solidité, récitez :
Mon corps est le corps de Vajrayogoni.
Rouge, d’un lustre rouge foncé, tenant un couteau à dépecer et un kapāla.
Vagin et poitrine complètement surdimensionnés, dans une posture de danse,
Nette et claire, dépourvue de toute peine.
Récitez et méditez.
[4ème pratique]
Afin de pratiquer avec un corps d’apparence sans substance, méditez correctement sur le
« corps vide ». Faites-le en maîtrisant la « base dotée d’une famille », l’entraînement à la
pratique des canaux.(2)
Ensuite, imaginez le chakra du nombril. Il est rouge, constitué de soixante-quatre canaux en
forme de pétales, face au-dessus. Il est triangulaire de la forme de la lettre e (3). Le chakra du
cœur est blanc, composé de huit canaux en forme de pétales. Il est tourné vers le bas et est
rond, de la forme de la lettre vam (4). Le chakra rouge de la gorge, composé de seize canaux en
pétale, la face vers le haut et triangulaire, à la forme de la lettre e. Le chakra de la couronne,
constitué de trente-deux canaux en pétales, tournés vers le bas, est blanc et rond. Il a la forme
de la lettre vam. Méditez que ces [canaux pétales] ont des extrémités fermées, sont
transparents, ont la même épaisseur que le lalana ou le rasana, mais ne leur sont pas
connectés. Afin de les visualiser, récitez :
Dans le corps se trouve le droit et clair canal central
qui s’étend de l’endroit secret à la fontanelle.
Le lalana et la rasana sont de taille identique, de couleur rouge et blanche.
Ce sont les quatre chakras, extrêmement clairs.
Récitez et méditez.
[5ème pratique]
Ensuite, afin de préparer les vents, inspirez par les narines, naturellement et en augmentant
légèrement la conscience et l’effort. Lorsque tout l’air a pénétré, expirez complètement l’air
restant, en commençant doucement et finalement avec une force intense, de façon à ce que
l’océan soit pressé contre le Mont Mérou (5). Tout le mauvais karma et les obscurcissements que
vous avez accumulés depuis des vies sans commencement sont expulsés par les narines et par
tous les pores de votre corps comme si ils s’écoulaient librement à travers une passoire, vous
en êtes complètement purifiés. Reposez votre esprit sur ce corps complètement purifié, qui est
comme un cristal de feu sans tache.
Ensuite inhalez doucement et pleinement. Appuyez sur les narines en avalant simultanément
la salive. Attirez l’air supérieur en contractant la bouche du démon (6) vers l’intérieur. Les vents
supérieurs et inférieurs remplissent la partie gonflée, inférieure de l’estomac.
Lorsque le fait d’appuyer devient insupportable, concentrez l’air dans les narines et en
détendant naturellement et légèrement l’intérieur du corps, compressez [l’air] et imaginez
qu’il s’échappe, en petites giclées, par les pores du corps.
Lorsqu’il vous semble que vous ne puissiez plus l’expulser, imaginez qu’il s’échappe par la
couronne de votre tête en grandes giclées. Ce « tir comme une flèche par la couronne de la
tête » doit être réalisé une seule fois au début de chaque cession.
Le reste du temps, imaginez que [l’air] est complètement expulsé par les narines, comme la
fumée d’un bâton d’encens, se dissolvant dans l’espace à une distance d’environ seize
centimètres, comme un fil de lumière qui se dissout dans le canal central au niveau du cœur.
Cette pratique est appelée tirer comme une flèche.
Autrement, lorsque vous compressez la respiration tel que décrit plus haut, pratiquez la
compression interne de la respiration, dans laquelle les vents du lalana et du rasana sont
conçus pour entrer dans le canal central, comme l’eau s’écoulant à travers des fossés de
canalisation. Imaginez qu’ils s’arrêtent à mi-chemin entre le nombril et le cœur et
disparaissent. Ensuite focalisez votre esprit sur la parfaite vacuité de l’intérieur du canal
central. C’est la méthode suprême de « compresser la respiration ». Pour un débutant,
néanmoins, l’approche précédente est préférable pour retenir la respiration longtemps, alors
que celle-ci est préférable pour obtenir les qualités finales.
Les quatre pratiques d’inhalation, de remplir, de compressez et d’expulsion comme une flèche
sont appelées les quatre applications.
Bien qu’il ne soit pas facile de pratiquer en même temps la méditation et la récitation, il faut
absolument que vous vous entraîniez au sens de la récitation suivante afin de clarifier l’image
mentale :
Grâce à l’élimination de l’air mort, je suis purifié du mauvais karma, des
obscurcissements, des maladies et des démons.
Inhalez doucement, et le supérieur et l’inférieur se rencontrent et se remplissent.
Lorsque maintenir vers le bas devient inconfortable, expulsez.
Lorsque je n’ai plus rien à expulser, Je tir comme une flèche.
Ça s’appelle s’entraîner au mouvement des trois secrets, ou s’entraîner aux vents.
[6ème pratique]
Ensuite, « la danse du reflet de la lune sur l’eau » est l’entraînement sur les gouttes.
Visualisez le corps vide, les canaux, et le reste tel que décrit précédemment. L’extrémité
supérieure du canal central se prolonge de la fontanelle jusqu’au point entre les sourcils. A
l’intérieur de celui-ci se trouve la nature du vent de l’esprit condensée dans une sphère
blanche concentrée, bienheureuse, huileuse et brillante (bindu). Pratiquez cette visualisation
en combinaison avec l’air.
En pratiquant cette respiration combinée avec tirer comme une flèche, imaginez que, avec le
bruit d’un soupir et une sensation de félicité, la sphère monte dans le canal central jusqu’à la
fontanelle. En restant à cet endroit, reposez votre esprit sur la sphère.
En même temps que l’inhalation, [visualisez que] la sphère descend à l’intérieur du canal
central. En même temps que sentir, méditez que [la sphère] réside au bout de l’organe secret
en tant que félicitée intense et concentrée. Sinon, en combinaison avec tirer comme une
flèche, [la sphère] va jusqu’à la couronne de la tête, et descend, avec l’inhalation, pour se
reposer au point entre les sourcils.
Entraînez-vous, à tour de rôle, dans la pratique d’un cycle répétitif de ceux-ci. Terminez la
séance en dissolvant la sphère au point entre les sourcils et en se reposant [en méditation].
Pour le visualiser, récitez :
Entre les sourcils il y a une sphère blanche, ronde, huileuse et brillante.
Tirer comme une flèche la fait monter à la couronne de la tête.
L’inhalation la fait descendre par le canal central jusqu’à l’endroit secret.
La pratique de cette procédure et son renversement créent la félicité.
Visualisez et pratiquez cela.
Après avoir décrit la méthode pour contrôler l’incontrôlé, il y a la stabilisation de ce contrôle.
[7ème pratique]
La position physique est identique à précédemment. Commencez par vous entraîner jusqu’à la pratique des vents. Imaginez clairement les trois canaux à l’intérieur de votre propre corps, qui se trouve être le corps de la déité tel que visualisé précédemment. Les trois canaux se rejoignent pour n’en former qu’un seul interne, en un point à quatre centimètres en dessous des narines. Entre les narines et l’endroit secret, au niveau du pli abdominal, il y a un dharmodaya de feu au centre du canal central. Au centre de ce dharmodaya il y a une caņdālī de sagesse sous la forme d’une sphère de la taille d’un canaka (7). Il possède ces quatre qualités : de couleur rouge, chaud au touché, de nature non duelle, et d’un aspect extérieur de félicité. Imaginez qu’il est très petit. Appliquez la « respiration du vase », qui augmentera le feu et produira la félicité.
[8ème pratique]
Concentrez l’esprit sur [la caņdālī], appliquez la respiration, augmentez la force du feu, et
[visualisez que] la sphère augmente jusqu’à avoir la taille d’un pois.
Concentrez l’esprit en haut de celle-ci [qui se prolonge en flamme] comme le cheveu unique
d’un carnivore qui s’incurve trois fois. Il en résulte que, [ce bout en flamme de la sphère]
augmente jusqu’à avoir la taille d’une aiguille. Elle a trois ondulations et oscille
continuellement, sans jamais s’arrêter. Elle augmente ensuite pour atteindre deux centimètres
[en épaisseur], puis elle atteint quatre centimètres. Entraînez votre esprit à cette
[visualisation]. Ces caractéristiques de la sphère peuvent soit être pratiquées dans une séance
séparée ou faire partie de la session de la septième visualisation.
La flamme, qui possède les quatre caractéristiques rouge et autres, et une large et stable base
ainsi qu’un bout fluctuant et fin, s’élève du canal central. Concentrez votre esprit dessus.
LA PRATIQUE DU YANTRA EN SIX PARTIES
Il a été enseigné que
en tournant la taille à droite et à gauche on dénoue le nœud du canal du nombril.
Tortiller le haut du corps vers la droite et la gauche dénoue le nœud du canal du cœur.
Tourner, dresser et abaisser le gosier dénoue le nœud du canal de la couronne de la
tête.
Etendre et plier les jambes et les bras dénoue les nœuds des canaux des jointures.
Remuer et frotter le corps prépare tous les canaux.
Pour pratiquer les visualisations récitez les lignes appropriées à ce que vous visualisez :
Au centre d’un dharmodaya de feu, à la jonction des trois canaux,
il y a une très petite sphère de caņdālī de sagesse.
ou
... une caņdālī de sagesse pointue de la taille d’un pois.
ou
... une caņdālī de sagesse de la taille d’une fine aiguille avec trois ondulations.
ou
... une caņdālī de sagesse large de deux centimètres avec trois ondulations.
ou
... une caņdālī de sagesse large de quatre centimètres avec trois ondulations.
De couleur rouge et chaude au touché.
Sa nature est vide et sa forme extérieure est félicité et clarté.
Méditez en pratiquant cette visualisation.
Ce sont les instructions pour stabiliser le contrôle.
Il y a trois sections :
a. Augmenter la chaleur
b. Augmenter la félicité
c. Augmenter la non-conceptualisation
La première de celles-ci :
Même si vous avez réalisé les précédentes pratiques, si vous n’avez pas obtenu une
visualisation claire du feu et du reste, ou pour que ce soit encore plus clair, adoptez d’abord la
position physique telle que décrite précédemment. Tour à tour, croisez vos jambes aux
chevilles, les genoux levés, et placez les coudes de vos bras croisés par-dessus les genoux.
Placez la paume de vos mains par-dessus vos avant-bras droit et gauche. Dans cette
« fermeture reliée des genoux » vos jambes forment deux triangles de « foyers opposés (8) ».
Vos bras forment quatre autres [triangles], soit un total de six. Il y a aussi six [triangles]
intérieurs et six secrets, soit un total de dix-huit moudras de « foyers opposés ».
Dans la visualisation, vous êtes le corps vif et clair de la déité possédant trois canaux et quatre
chakras, tel que décrit précédemment. Le chakra de la couronne a neuf canaux en pétales. Il
est situé à la couronne de la tête, aux extrémités supérieures des trois canaux. Le chakra secret
possède trente-deux canaux en pétales. Les douze chakras des jointures principales ont chacun
huit canaux en pétales. Les chakras des jointures secondaires ont quatre canaux en pétales
chacun.
Dans cette méditation, il y a une caņdālī de sagesse à la jonction des trois canaux, sous la
forme d’un globule éclatant et brillant, le haut de celui-ci à l’intérieur du canal central.
Imaginez que l’application effective des vents fait s’embraser le feu à partir du [globule].
Méditez que [la flamme] réussit à atteindre le nombril. Faites tourner votre ventre, vers la
droite et vers la gauche, six fois. Méditez qu’il en résulte que [la flamme] atteint le cœur.
Tournez le haut de votre corps vers la droite et la gauche. Méditez qu’il en résulte que la
flamme atteint la gorge, puis la couronne de la tête. Tournez, levez et baissez votre gorge.
Méditez qu’il en résulte que la flamme se répande vers tous les chakras des membres. Etendez
puis pliez vos membres. Méditez qu’il en résulte que la flamme se répande à travers les
soixante-douze mille canaux jusqu’à atteindre les pores.
Remuez et frictionnez votre corps. Imaginez que le feu de la sagesse embrasée consume tous
les canaux qui créent la base du samsara, et les nœuds de canaux qui font que le samsara est
basé sur eux. Imaginez qu’elle consume le canal central externe, qui agit en tant que base de
la force de vie du samsara, mais pas le canal central suprême.
Afin d’imaginer tout cela, récitez :
Les trois canaux, les six chakras et les chakras secondaires sont visualisés.
Aux points de jonction, la caņdālī s’embrase.
Elle remplit les trois principaux [canaux] et remplit les chakras.
Elle se répand jusqu’au pores et se rassemble de nouveau aux jonctions.
Ainsi, à la fin de la session, la flamme se rassemble dans la caņdālī de base à la jonction des canaux, et vous vous reposez dans la méditation. A ce point, faites la pratique des trente-sept exercices physiques qui augmente le résultat. Il est dit :
Pratiquez le moudra qui touche la terre et tournez le ventre six fois, trois fois à gauche
et trois fois à droite.
Attrapez le genou droit et pratiquez ces six mêmes rotations, puis de nouveaux six [en
attrapant] le [genou] gauche.
Alors que les pouces appuient sur les canaux des annuaires,
exécutez avec les points droit et gauche, six fois chacun, le mouvement du « jet du
nœud coulant ».
Exécutez avec les mains droite et gauche six mouvements du « dessin de la flèche ».
Exécutez avec les mains droite et gauche six mouvements du « frottement intérieur ».
Lorsqu’on y ajoute le trémoussement de tous le corps, on obtient trente-sept
[mouvements].
[9ème pratique]
Pour intensifier la félicité, pratiquez la posture physique et la visualisation des canaux et
chakras comme vous l’avez fait auparavant. Dans cette visualisation, à l’intérieur du canal
central, au centre du chakra de la grande félicité, il y a un mandala de nectar, la lune et la
bodhicitta sous la forme d’une lune sans tache. Un ham blanc orne son centre.
A l’intérieur du canal central, au centre du chakra du nombril, il y a une petite caņdālī sous la
forme d’une petite sphère possédant les quatre qualités. En la visualisant, utilisez la pratique
des vents pour créer l’effet recherché, afin qu’une flamme de plus d’un centimètre [de
hauteur] s’embrase. A cause de sa [chaleur], le ham et la lune à la couronne s’agitent. La
syllabe ham commence à faire couler la bodhicitta sous la forme de syllabes ham la tête en
bas.
Ensuite emplissez vous complètement de vents afin que la flamme brûle à une hauteur de
deux centimètres. La bodhicitta tombant sous la forme de syllabes ham renversées se
transforme en sphères de bodhicitta de la taille d’une graine de moutarde. Elles tombent à
travers le canal central, jusqu’à la gorge, comme des gouttes tombant d’une stalactite.
Imaginez que les feus flambent à une hauteur de 8 centimètres au dessus du cœur, de telle
façon que les sphères, en tombant, se mélangent avec la caņdālī, les transformant
instantanément en sphères blanches teintées de rouge qui remplissent tout le corps.
Continuellement reposé, l’esprit concentré, la félicité acquise et sans pensée. Récitez :
A cause de la mise en application des vents, la caņdālī s’enflamme.
A cause de cela, de la lune et haṃ à la couronne
s’égoutte l’élément blanc, sous la forme de sphères.
Les sphères, un mélange de rouge et de blanc, envahissent le corps entier.
Joie, félicité et satisfaction sont produites.
Récitez cela et pratiquez la méditation.
[(10ème pratique) (9)]
Il y a aussi la visualisation « échapper et pourchasser ». La visualisation est identique à la précédente, sauf que lorsque la pratique des vents fait s’élever dans le canal central le feu de la caņdālī, dés que celui-ci touche le ham, des sphères rouges emplissent le corps et la félicité nous envahit. Ensuite, des sphères blanches descendent du ham, et lorsqu’elles atteignent la flamme celui-ci devient rouge et [diminue jusqu’à devenir] haut de 4 centimètres. A cet instant, le corps tout entier se remplit de sphères blanches de bodhicitta, de telle façon que la félicité augmente. Imaginez le et récitez :
En résultat de la pratique des vents, la caņdālī s’enflamme droit vers le haut.
Dés qu’elle touche le ham, [le corps] s’emplit de sphères rouges.
Les sphères descendent du ham, de telle façon que la flamme s’apaise,
En le corps entier se rempli de sphères blanches.
Pratiquez cette méditation.
Si cette pratique n’amène pas la félicité à son paroxysme, pratiquez ce qui suit.
(11ème pratique)
LA VISUALISATION DE LA TRAITE DE LA VACHE
Joignez vos genoux et étendez vos pieds. Dans la parfaite félicité, un hum blanc, l’élément blanc, descend voluptueusement du ham de la couronne de votre tête tout le long du canal central. Il s’arrête voluptueusement au bout de l’organe secret. En l’imaginant, remontez et pousser le vent inférieur. Lorsque vus pensez que vous ne pouvez plus maintenir la félicité, le hum retourne instantanément à la couronne, se mélange au ham, et une croix vajra à cinq dents bloque la fontanelle. En l’imaginant, récitez :
Une essence blanche tombe du ham de la couronne.
Il descend le long du canal central et vient s’arrêter au bout secret.
La félicité augmente et il retourne au-dessus.
Il se mélange au ham, et une croix vajra bloque la fontanelle.
Pratiquez cette méditation.
(12ème pratique)
Votre posture physique doit être immobile, comme un pieu en chêne planté dans le sol. Fixez
fermement l’espace. Maintenez un bref instant une respiration douce.
Reposez, sans réflexion, dans la nature des pensées de félicité, des pensées de chaleur, ou en
bref, n’importe quelle pensée apparaissant comme objet de l’esprit. Reposez l’esprit dans un
calme total, comme une colombe dans son nid. Reposez l’esprit, tranquille et immobile,
comme une mouche prise dans la colle. Reposez l’esprit sans effort, comme un homme qui a
terminé son travail. Reposez vous détendu, comme un ballot de paille lorsque les cordes qui
l’attachaient ont été coupées. Si une pensée s’élève pendant que vous vous reposez de la sorte,
regardez sans artifice sa nature, comme avant, et reposez vous. Reposez vous dans le calme
qui est comme l’eau pure et sans tache, loin de l’agitation des vagues. Récitez :
Reposez-vous détendu dans la conscience naturelle, telle qu’elle est :
claire, pure et sans tache, sans rien à identifier,
rien à supprimer et rien à changer
dans l’esprit détendu pareil à l’espace.
Méditez de cette façon.
Ces pratiques auxiliaires pour intensifier le résultat concluent la description de visualisation de la pratique de candali.
La pratique du corps illusoire a trois parties :
1. Entraînement dans la pratique du corps illusoire impur
2. Entraînement dans la pratique du corps illusoire pur
3. L’entraînement spécial dans les vents et gouttes extrêmement subtiles en tant que
corps illusoire
Il est en trois parties :
a. Atteindre ce qui n’a pas été atteint
b. Stabiliser ce qui a été atteint
c. Accroître le résultat
(1ère pratique)
La posture physique est celle des sept Dharma de Vairocana, telle que décrite précédemment.
L’objet principal de méditation est la variété des apparitions. Le moment principal est
essentiellement le jour.
La méditation consiste d’abord à contempler que tous les phénomènes composés sont
impermanents. En particulier, la vie des êtres est impermanente. Enfants, femme, amis, biens,
et autres sont tous sans essence. En bref, à part le Dharma, rien d’autre ne peut apporter de
bonheur ou être bénéfique.
La conclusion de la naissance est la mort. La conclusion de l’accumulation est le complet
éparpillement. La conclusion du compagnonnage est la séparation. La conclusion de l’amitié
est l’inimité. Le corps vivant est détruit. Le mouvement respiratoire s’arrête. Les proches sont
laissés derrière. Les autres jouissent de vos biens et possessions. Votre corps se transforme en
cadavre. Vous n’avez pas de liberté. En bref, rien n’a d’essence et rien n’est nécessaire. Cette
contemplation, qui engendre le désenchantement pour le samsara est l’entraînement de l’esprit
qui constitue la pratique préliminaire.
Contemplez comment la fixation sur la réalité de toutes ces apparences externes, telle que la
forme, vous a fait errer dans le samsara. Si vous examinez et analysez toutes ces apparitions,
vous découvrirez qu’elles sont inexistantes, comme les rêves et les illusions. Comme l’écho et
le battement de tambour, elles apparaissent dû à des conditions. Elles sont impermanentes,
comme l’éclair et les bulles de savon. Elles apparaissent et pourtant n’ont pas de réalité,
comme un mirage et la réflexion de la lune sur l’eau. Méditez bien en contemplant de cette
façon. Récitez :
Toutes ces apparences, les formes, sons, odeurs,
goûts, chevaux, bœuf et maisons, apparaissent mais sont inexistants.
Ils apparaissent dû aux conditions mais sont impermanents, n’ont pas de réalité,
et sont dépourvus de réelle existence,comme les rêves et les illusions.
Pratiquez cette méditation et méditation. Contemplez de cette façon pendant toutes les périodes de méditation et de post-méditation.
(2ème pratique)
Observez votre reflet dans le miroir. Contemplez l’absence de différence, que le reflet soit paré ou battu, couvert d’éloges ou calomnié. Votre propre corps est identique à votre reflet. Votre voix est comme un écho. Vos pensées sont comme des mirages confondus avec de l’eau. Récitez :
Ce reflet dans le miroir n’a ni joie ni peine,
ni beauté ni laideur, ni plaisir ni déplaisir.
Mon propre corps n’en est pas différent.
Ma parole et mon esprit sont comme des échos et des mirages.
Pratiquez cette méditation et récitation.
(3ème pratique)
Lorsque, de manière stable, vous n’êtes plus affecté par les louanges et les critiques, les plaisirs et les douleurs, et autres, demandez à quelqu’un que vous connaissez, tel que votre lama ou un ami, de vous offrir des louanges ou de vous critiquer de différentes façons. Allez ensuite dans un endroit où il y a beaucoup de monde, comme un jour de marché, et conduisez vous soit de façon respectable ou irrespectueuse, de telle façon que les autres vous offriront des louanges ou vous critiqueront et vous battront, vous aimeront ou vous détesteront. Observez si cela diffère en vous. Si c’est le cas, retournez vers la solitude, priez le gourou et les joyaux intensivement, et recommencez la méditation. Parfois, pour clarifier celle-ci, récitez :
Tous ces hommes et ces femmes sont comme des rêves.
Ces mots qui louent et injurient sont comme l’écho.
N’est-ce pas cet esprit qui voit, entend, et expérimente
telle une biche prenant un mirage pour de l’eau ?
Pratiquez la récitation et la méditation.
(4ème pratique)
Observez l’image de votre yidam se reflétant dans un miroir. De manière identique, votre
propre corps est le corps vide de la déité, dépourvu de réalité. Il apparaît mais n’a pas de
réelle existence. Tous les êtres sont les corps des déités et tous les mondes sont les « palais
inconcevables », ils sont tous les deux que de simples apparitions sans réalité.
Votre parole est le son du mantra, tel un écho. Les mouvements de votre esprit sont la
libération spontanée de la grande félicité, comme un mirage. Ainsi, il n’y a reine de
désagréable ou d’agréable dans la résidence, l’inconcevable palais. Il n’y a ni dégoût ni
attachement, ni louange ni critique, pour les résidents, images des déités. Il n’existe rien qui
amène plaisir ou souffrance dans les sons du mantra. En y pensant, récitez :
Toutes ces formes et apparences, de même que mon propre corps,
sont le corps de la déité, l’union de l’apparition et de la vacuité, tel un reflet.
Ainsi, comment pourrait-il exister quelque chose qui aurait des pensées d’attachement
ou de dégoût, de louange ou de critique, de plaisir ou de douleur ?
Pratiquez cette méditation et récitation.
En particulier, lorsqu’on stabilise la compréhension grâce à ces visualisations de corps illusoire, il devrait y avoir une séance de méditation sur le corps identique à un reflet dans le miroir, une séance en allant dans un endroit où il y a de l’écho et méditez sur la parole identique à l’écho, et une séance en allant à un endroit où il y a des mirages et méditez sur l’esprit identique à un mirage. Ce qui fait trois séances au total. En y ajoutant [trois séances sur le corps illusoire pur], cela fait un total de six. Néanmoins, comme il est dit ici, il sera suffisant de pratiquer quatre séances.
Cette pratique est référencée comme étant le sens caché [du corps illusoire] dans le texte racine de [Karmapa Rangjung Dorjé] portant le titre de l’Or en Fusion (10). D’après la vue du commentaire du Huitième Seigneur [Karmapa Mikyö Dorjé] sur ce texte (11), cette pratique a deux aspects :
a. La pratique réelle b. La pratique pour accroître le résultat
(5ème pratique)
Reposez les trois portes telles qu’elles sont naturellement, sans transformation,
dans les trois solitudes naturelles et spontanément présentes.
En retenant le vent et l’esprit les trois visions apparaissent dans leur séquence
générative.
Grâce au processus de leur inversion, le corps illusoire apparaît.
En y pensant, asseyez-vous les jambes dans la position du vajra, le dos aussi droit qu’une
flèche, les yeux fixés droit devant sans qu’ils ne s’ouvrent ni ne se ferment. Lorsqu’il n’y a
plus d’exhalation ni d’inhalation de la respiration, il n’y a plus de parole ni d’absence de
parole. La langue ne touchant pas les lèvres est la présence de la répétition vajra naturelle et
spontanée. Les mains sont immobiles dans le moudra de méditation. En bref, reposez-vous
dans la solitude stable, naturelle et spontanément présente du corps.
Dans cet état, il y a la solitude naturelle et spontanément présente de l’esprit, où l’attention du
passé, du présent et du futur finit par se reposer dans l’équanimité. Reposez-vous sans pensée
d’existence et de non-existence, de vacuité et d’absence de vacuité, de méditation et de
méditant, de méditation et de non-méditation, et ainsi de suite. Dans cet état, si une pensée
apparaît, ne restez pas dans sa continuité, mais maintenez toutes les pensées flagrantes et
subtiles dans un état sans pensée et sans distraction. Si la stupeur et l’ennui se produisent,
regardez vers le haut et détendez votre connaissance. Si l’éparpillement et l’agitation se
produisent, regardez vers le bas et détendez votre connaissance. Si il n’y a ni ennui ni
agitation, maintenez l’équanimité.
Si le début de la séance est bonne et la fin mauvaise, ou si les séances précédentes sont bonnes
et les suivantes mauvaises, c’est parce que les éléments sont fourbus, comme une mare
asséchée, dans ce cas revigorez vos éléments, détendez votre esprit puis méditez.
Si le début des séances sont mauvaises et les fins bonnes, ou si les séances précédentes [de la
journée] sont mauvaises et les suivantes bonnes, c’est dû à un manque d’assiduité, comme un
canal d’irrigation qui n’amène pas l’eau d’un lac. Dans ce cas, développez l’enthousiasme
dans l’engagement, puis méditez.
Penser au gourou comme étant le dharmakāya vous fait renoncer à votre corps extérieur,
intérieur et secret, et à vos possessions et biens, et vous fait les offrir au gourou, afin que
l’énergie de la bénédiction et la force de votre pratique fassent que votre esprit maintienne le
mahamoudra. En le maintenant, les vents seront contrôlés. Il en résultera que les expériences
suivantes apparaîtront : la dissolution de la terre dans l’eau produit une apparition ressemblant
à un mirage instable constitué de rayons de lumière de cinq couleurs, vivant, avec de petits
mouvements comme de l’eau ondulante. L’eau se dissolvant dans le feu produit une
apparition ressemblant à l’apparition et l’épaississement de fumée. Le feu se dissolvant dans
l’air produit une apparition qui ressemble à des lucioles, des étincelles et des éclairs rouges.
L’air se dissolvant dans l’esprit produit une apparition qui ressemble à des flammes de
lampes.
L’esprit se dissolvant dans des évènements mentaux produit une apparition qui ressemble au
rayonnement d’un clair de lune. Lorsque les évènements mentaux se dissolvent dans
l’ignorance, une apparition qui ressemble au soleil se produit. Lorsque l’ignorance se dissout
dans la « vacuité totale », il se produit une apparition qui ressemble à une éclipse ou a
l’obscurité. C’est suivi par le « tout vide », qui ressemble à un ciel sans nuage [qui est dit être
le dharmakāya).
Puis, les trois visions apparaissent en ordre inverse : de « tout vide » apparaît l’ignorance, de
laquelle apparaissent les évènements mentaux, desquels apparaît l’esprit. De ceux-ci et de
l’air apparaît le corps illusoire paré des signes principaux et secondaires. Il est décrit par les
douze exemples d’illusion (qui est dit être le nirmānakāya). Il est perçu directement par
l’auto-connaissance. Vous verrez aussi, sans obstruction, aussi clair qu’un myrobalan (12) dans
votre main, toutes les apparitions pures et impures, tout ce qui est animé et inanimé dans les
trois royaumes et les trois temps.
C’est une rapide description des méthodes de méditation sur le corps illusoire, créées en se
reposant dans les trois solitudes. Il y a aussi la méthode consistant à les pratiquer avec les trois
premiers moudras et ainsi de suite, mais je ne les décrirai pas ici.
(6ème pratique)
Si vous pratiquez ainsi et n’avez pas encore réalisé d’expérience, ou si vous pensez qu’un corps illusoire ne peut être créé à partir de la vacuité, alors, afin d’en développer la conviction, réalisez les pratiques d’accroissement : la retraite obscure, le liquide de sécrétion, l’épée et le miroir. Elles sont décrites clairement en détail dans les instructions de la pratique de l’inséparabilité des vents et de l’esprit, et autres. C’est pourquoi, servez au pied de lotus du maître vajra et faites lui la demande [de ces instructions].
Les instructions qui nettoient spontanément les illusions du rêve sont en trois parties :
1. Reconnaissance des rêves
2. Entraînement dans la pratique des rêves
3. Méditation sur la vraie nature des rêves
En deux aspects :
a. Pleine conscience continue pendant la journée
b. Reconnaissance par les moyens vigoureux : instructions pour la nuit
(1ère pratique)
Entamer une retraite stricte dans un endroit solitaire. Considérez l’absence d’essence des
activités samsariques. Développez la grande compassion en pensant : « Tous les êtres, mes
vieilles mères, errent dans le samsara parce qu’elles ne savent pas que tous les phénomènes
sont comme une illusion ».
Dans toutes les quatre formes de comportement (13), développez continuellement la pleine
conscience et l’aspiration avec de telles pensées que : « E ma ! Toutes ces apparitions sont
comme des illusions, comme des rêves. Je vais savoir que c’est leur façon d’être. En
particulier, je rêverai cette nuit et je reconnaîtrai mes rêves pour ce qu’ils sont ».
(2ème pratique)
Allongez-vous dans la position du lion sur un matelas confortable, et au moment de vous endormir méditez sur le gourou qui se trouve à la couronne de votre tête. Développez une dévotion intense et récitez cette prière sincère, qui vient du fond du cœur :
Seigneur Gourou, incarnation des Trois Joyaux,
mon roi, mon père réalisé, pensez à moi !
Répandez vos bénédictions afin que je puisse me fondre dans la luminosité du sommeil.
Répandez vos bénédictions afin que mes rêves apparaissent en tant que corps illusoire.
Récitez cette supplication de nombreuses fois.
Développez une pleine conscience intense, en pensant : « Cette nuit je reconnaîtrai le sommeil
en tant que luminosité. Mes rêves apparaîtront en tant que corps illusoire. Je rêverai bien. Je
reconnaîtrai formellement mes rêves. Je saurai que mes rêves sont des rêves ».
Imaginez-vous être Vajrayogini comme pendant la candali. Méditez avec clarté qu’un lotus
multicolore à quatre pétales et des anthères au centre se trouve dans votre gorge. Au centre est
assis un om blanc. Sur [le pétale de] devant est un a bleu. Sur le pétale de droite se trouve un
nu jaune. Sur le pétale arrière est un ta rouge. Sur le pétale de gauche se trouve un ra vert.
Récitez :
Je reconnaîtrai formellement mes rêves.
Je saurai que mes rêves sont des rêves.
Sur un lotus multicolore à quatre pétales dans ma gorge,
il y a cinq syllabes : om, a, nu, ta et ra,
elles sont de couleur blanche, bleue, jaune, rouge et verte.
Commencez avec cette visualisation générale. Puis concentrez l’esprit sur le a. Lorsque vous
sentez que vous vous endormez, concentrez-vous sur le nu. Lorsque vous êtes à moitié
endormi, concentrez-vous sur le ta. Lorsque l’endormissement s’accentue, concentrez-vous
sur le ra. Puis, concentrez l’esprit sur le om et reposez-vous dans la luminosité du sommeil
profond. Il en résultera que vous reconnaîtrez les rêves lorsqu’ils arriveront, et vous serez
capable d’appliquer des méthodes dans votre rêve, telles que la méditation sur le corps de la
déité.
Si tout d’abord vous ne reconnaissez pas le rêve, comme l’aspiration est le facteur de
reconnaissance prédominant, intensifiez votre aspiration. En vous concentrant sur la répétition
des prières au gourou et à la dakini, vous acquérez la reconnaissance des rêves.
Cela consiste en :
a. Entraînement dans l’accroissement et la transformation
b. Entraînement dans l’illusion
c. Entraînement dans la libération de l’illusion
(3ème pratique)
Pensez : « Il n’est pas suffisant de simplement reconnaître que je suis entrain de rêver. Cette
nuit, une fois que j’aurai reconnu que je suis entrain de rêver, je transformerai une chose en
plusieurs et les choses mauvaises en bonnes, je transformerai mon corps en celui de la déité,
et ainsi de suite ». Aller vous coucher avec cette aspiration. Reconnaissez le rêve et pensez :
« Ce rêve n’a pas de réalité, ainsi je peux faire ce que je veux ». Vous pouvez vous
transformer en oiseau, et d’autres encore. Si vous faites un cauchemar, vous pouvez le
transformer en un bon rêve. Vous pouvez méditer que votre corps est le corps illusoire de la
déité, se transformant en Cakrasamvara, Hevajra et d’autres. Vous pouvez avoir beaucoup de
mains et visages différents et transformer une chose en beaucoup de choses, et beaucoup de
choses en une chose.
Afin de vous entraîner à ces manifestations et transformations, au moment d’aller vous
coucher développez une forte aspiration en récitant ces mots :
Les rêves sont irréels, ce sont des illusions.
Ainsi, je reconnaîtrai que je rêve
et produirai toutes les manifestations et transformations que je désire,
tel que changer un en beaucoup et devenir différent corps de déités.
(4ème pratique)
Si dans un rêve vous voyez des choses qui vous effrayent, tel que le feu, une grande rivière, un précipice, des ennemis, des animaux dangereux et ainsi de suite, ne soyez pas effrayé, mais habituez-vous à l’illusion. Pensez : « Si ce rêve est une apparition non-existante, sans réalité, qui peut être brûlé par ce feu ? Qui peut être emporté par cette rivière ? Qui peut être blessé par ces ennemis ? Qui peut être dévoré par ces animaux sauvages ? Qui peut tomber dans ce précipice ? C’est irréel, comme une illusion, en sachant que toutes ces apparitions sont des illusions, je ne serai pas effrayé mais m’habituerai [à l’illusion]. Développez cette aspiration et récitez :
Tous les endroits, les apparitions, feu, eau, poison, armes et ainsi de suite
qui sont dans un rêve n’ont aucune réalité en tant que ceci ou cela,
ce sont tous des illusions, dépourvues de réalité.
Ainsi, je ne serai pas effrayé ou terrifié.
En pensant cela, aller vous coucher et reconnaissez vos rêves. Si vous rêvez de feu, pensez : « Qui peut être brûlé par ce feu ? et écrasez le pied dessus. Marchez sur l’eau. Pensez : « Qui peut tomber de ce précipice ? » et planez et volez comme un oiseau, et ainsi de suite.
C’est en deux parties :
i. Entraînement dans la libération mondaine
ii. Entraînement dans la libération supra-mondaine
(5ème pratique)
Développez la motivation suivante lorsque vous vous endormez :
Comme je peux faire ce que je veux avec mon corps de rêve,
j’irai voir en détail différents endroits,
tels que les paradis, [le continent de] Kuru,
et les existences inférieures, qui créent facilement la désillusion du samsara.
Développez cette aspiration, allez vous coucher, reconnaissez que vous rêvez, puis enfourchez un rayon de soleil et allez voir un royaume de deva. Entraînez-vous à aller voir d’autres continents, les existences inférieures, l’Inde et ainsi de suite.
(6ème pratique)
Lorsque vous vous entraînez à la libération supra-mondaine, il est important de vous habituer,
pendant la journée, d’y aspirer. C’est pourquoi, dans un endroit solitaire, dans la posture
physique que pour la candali, visualisez-vous comme étant la déité yidam. Visualisez que
dans votre cœur il y a un être de sagesse (jnanasattva) de deux centimètres et demi de haut.
Encouragez-vous en pensant : « Je vais maintenant quitter mon corps et aller dans le royaume
des bouddhas ». Puis votre esprit, l’être de sagesse, quitte votre corps, l’être d’engagement
(samayasattva), monte à une très grande hauteur jusqu’à atteindre le royaume de
Ghanavyuha. Là vous y voyez Bhagavan Vairocana enseignant, assis sur un trône de lion.
Prosternez-vous devant lui, informez-vous de sa santé et recevez, de lui, des enseignements et
prophéties. Puis pensez: « Maintenant j’ai accompli mes objectifs et vais retourner vers mon
corps d’être d’engagement ». Puis vous y retournez de la faon qu’un être de sagesse pénètre
un être d’engagement. Il est important de s’entraîner de cette façon au début. Récitez :
Auto-connaissant, l’être de sagesse, quitte mon corps,
le yidam être d’engagement.
Je rencontre un bouddha dans les royaumes purs,
reçois ses enseignements et retourne dans mon corps.
De la même façon, entraînez-vous à aller dans le royaume du bouddha de l’est et ainsi de suite.
(7ème pratique)
Vous étant entraîné de cette façon pendant la journée, lorsque vous allez vous coucher le soir, pensez encore et encore : « Cette nuit je vais reconnaître que je rêve et je m’entraînerai à voir le royaume de Bouddha Vairocana ». Récitez :
Je reconnaîtrai parfaitement que je rêve
et dans un corps illusoire verrai
les sugatas dans les royaumes de bouddha,
entendrai leurs enseignements et recevrai leurs prophéties.
Concentrez votre esprit sur le om et entraînez-vous au royaume de Vairocana. Concentrez
votre esprit sur le a et entraînez-vous au royaume d’Akshobhya. Concentrez-vous sur nu pour
Ratnasambhava. Concentrez-vous sur ta pour Amitabha. Concentrez-vous sur ra afin de vous
entraîner à l’intérieur de, et voir le royaume d’Amoghasiddhi.
De la même façon, en développant d’abord le désir d’aller dans cet endroit particulier et de
s’entraîner dedans, allez et rejoignez les rassemblements de dakinis dans les vingt-quatre
endroits sacrés, allez à Oddiyana, Shambala et ainsi de suite. Lorsque vous pratiquez ainsi, au
début [le royaume] sera indistinct. Il deviendra ensuite plus clair, jusqu’à ce que, finalement,
vous soyez capable de le voir précisément comme il est.
Tous les phénomènes sont primordialement des illusions, comme des rêves. Il n’y a pas de véritable différence entre la base de votre entraînement, vous qui vous entraînez et ce en quoi vous vous entraînez. C’est pourquoi, reposez-vous dans un état de clarté et de non- conceptualité qui est comme une illusion. Récitez :
Tous les phénomènes sont primordialement comme des rêves et des illusions.
L’entraînement, celui qui s’entraîne et la base de l’entraînement n’ont pas de réalité.
Tout est une apparition de l’esprit.
L’esprit lui-même est clarté, il ne peut être identifié et est une étendue d’illusion.
Pratiquez cette récitation et méditation.
Cela termine cette brève description de la pratique des rêves.
Les instructions sur la luminosité qui dissipe l’obscurité de l’ignorance sont en deux parties :
1. Amener les apparitions de la journée dans la lumière
2. Rester dans la luminosité du sommeil profond de la nuit
Asseyez-vous dans la même position que pour la candali. Maintenez-vous droit à l’aide du
matériel de méditation et la ceinture de méditation. Concentrez-vous sur le cheveu urna (14) ou
sur l’espace, et méditez non-conceptuellement.
Si vous ne pouvez être détendu dans cet état, contemplez un hum bleu sur un disque de lotus
et de soleil au cœur de vous-même visualisé comme étant Vajrayogini. Des rayons de lumière
en irradient de telle façon que tous les mondes se mélangent aux êtres qui les habitent. Puis
les êtres se mélangent à vous. Puis, en tant que déité, vous vous mélangez de la protubérance
de la couronne (usnisha (15)) vers le bas et de la plante des pieds vers le haut, vous dissolvant
dans le hum. Le shabkyu (16) du hum se dissout dans le ha. Le ha se dissout dans sa tête, qui se
dissout dans le croissant, qui se dissout dans le cercle, qui se dissout dans le nada. En
imaginant cela, maintenez la respiration du vase et reposez-vous dans un état non-conceptuel.
Si il y a stupeur ou instabilité, méditez sur le fait d’être la déité yidam comme auparavant et
répétez sans cesse les étapes de dissolution dans le nada. Cette méditation fixera les vents du
soleil, de la lune et de l’éclipse dans le cœur, et après les trois visions on reconnaîtra la
luminosité. Ainsi, appliquez vous, avec assiduité, à cette pratique. Récitez :
Au cœur de moi-même, visualisé en tant que la Yogini,
il y a un hum bleu sur un lotus et un soleil.
Sa lumière fait se mélanger en moi les mondes et leurs êtres.
Je me mélange au hum, qui s’absorbe dans le nada.
Pratiquez cette méditation.
Dans un endroit solitaire, entraînez-vous correctement dans la pratique du jour telle qu’elle a
été décrite, familiarisez-vous à elle.
Mettez le corps, la parole et l’esprit au repos. Pour un instant abandonner toutes autres
activités. Pendant deux ou trois nuits, sans dormir, entreprenez, autant qu’il soit possible, des
activités vertueuses. Mangez des aliments nutritifs et massez le corps. Offrez aux gourous,
yidams et dakinis des termas parés de chair humaine. Répétez vingt-et-une fois ou autant de
fois que vous le pouvez, le désir de penser : « Je dois absolument reconnaître la luminosité du
sommeil ».
Allongez-vous dans la position du lion, votre tête tournée vers le nord et prenez la position la
plus confortable que possible. Visualisez-vous comme étant la déité yidam. Dans votre cœur,
à l’intérieur du canal central, il y a un lotus bleu à quatre pétales. En son centre, sur ses
anthères, il y a un hum bleu. Sur les quatre pétales il y a un a blanc sur le pétale de devant, un
nu jaune sur le pétale de droite, un ta rouge sur le pétale de derrière et un ra vert sur le pétale
de gauche. Visualisez cela clairement et récitez :
Je me visualise en tant que Sahaja,
au cœur, à l’intérieur du canal central, sur un lotus,
il y a les syllabes hum, a, nu, ta et ra très claires,
elles sont bleu, blanche, jaune, rouge et verte.
Visualisez cela et maintenez doucement la respiration du vase.
D’abord, soyez conscient du a de devant. Ensuite soyez conscient du nu lorsque vous
approchez de l’apparition. Soyez conscient du ta lorsque vous approchez l’accroissement.
Soyez conscient du ra lorsque les apparitions extérieures se dissolvent, vous vous mélangez à
la vacuité et vient la vision de l’atteinte (17). Après avoir commencé à réaliser ces quatre
vacuités (18), lorsque les signes du tout vide, la cinquième illumination (19), commencent à arriver,
concentrez votre esprit sur le hum central, reconnaissez la luminosité suprême et immuable et
reposez-vous dans cette reconnaissance.
C’est l’insurpassable enseignement de la Kagyü Karma Kamtsang, mais si vous avez des
difficultés, pour un débutant par exemple, à reconnaître l’apparition de « l’éveil » et de ses
signes, lorsque vous allez vous coucher, pensez sans cesse : « Je vais reconnaître la luminosité
du sommeil cette nuit ! » Ensuite, comme dans la pratique de la journée, imaginez que vous
êtes la déité yidam et dissolvez-vous dans le hum. Le hum est alors absorbé par une sphère
(bindu) bleue de la taille d’un pois. Concentrez votre esprit sur cela lorsque vous allez vous
coucher. Il en résultera, entre le moment où les perceptions [du jour] cessent et où les rêves
apparaissent, que vous serez dans un sommeil léger qui est un état clair et non-conceptuel.
Demandez à un ami d’émettre un signal pour vérifier si vous avez obtenu la reconnaissance de
la luminosité. A la fin, il y aura une fusion de cette reconnaissance avec la clarté et la vacuité,
et avec la félicité et la vacuité. Reposez votre esprit dans cela. Récitez :
Au cœur de moi-même, me visualisant en tant que Yogini,
il y a un hum bleu sur un lotus et un soleil.
Sa lumière fait se mélanger en moi les mondes et leurs êtres.
Je me mélange au hum, qui est absorbé par une sphère.
Afin de reconnaître la luminosité du sommeil profond, il vous faut aussi concentrer votre
esprit sur une sphère bleue à l’intérieur d’un joyau. Si vous désirez reconnaître la luminosité
du sommeil léger, méditez que [la sphère]se trouve au point médian entre les sourcils, là où se
trouve l’ouverture supérieure du canal central. Il est plus facile de reconnaître [la luminosité]
si vous concentrez votre esprit sur une sphère noire à cet endroit, de la taille d’une crotte de
mouton.
Ce sont les méthodes permettant de reconnaître ce qui n’avait pas été reconnu. En particulier,
d’après Lord Yangchen (20), cette reconnaissance est stabilisée lorsque l’énergie de la candali
brûlante dans le canal central, comme dans le candali yoga précédent, se mélange à la
bodhicitta et qu’il y a réalisation de la félicitée et de la vacuité, ainsi que les signes des trois
visions et de la luminosité de l’esprit-vent spécial. A partir de là le corps illusoire, qui est la
vraie manifestation de la luminosité, s’élève. Deux méthodes permettent au très subtile esprit-
vent de pénétrer la luminosité. Ce sont :
a. Totalité b. Dissolution ultérieure
Faites que votre corps, parole et esprit soient indivisibles de ceux de tous les êtres. Méditez
que votre aspect physique est Vairocana, que l’aspect vocal est Amitabha et que l’aspect
mental est Akshobhya. Ce sont les êtres à engagement. Imaginez que, dans leur cœur, il y a
respectivement om, ah et hum, les êtres de sagesse. Méditez que dans le cercle de chacune de
ces syllabes il y a un a court possédant un son indestructible.
Ensuite les syllabes germes om, ah et hum dans les cœurs rayonnent de la lumière. Les êtres à
engagement se dissolvent, de la couronne de leurs têtes vers le bas et de la plante des pieds
vers le haut, dans les êtres de sagesse de leurs cœurs. Ensuite les déités de sagesse se
dissolvent progressivement dans les êtres à samadhi (samadhisattvas), qui sont les
indestructibles quintessences : les [trois] court a et leur son. Ensuite ces êtres à samadhi se
dissolvent en un point de forte luminosité, et l’esprit se met au repos sans distraction.
Si cette visualisation est claire, ne faites qu’une seule séance. Si ce n’est pas clair, faites une
séance de la « totalité » pour le corps, une pour la parole et une pour l’esprit. Récitez :
L’aspect du corps et des autres, de l’indivisibilité des trois portes
de tous les êtres et de moi-même, est visualisé comme étant Vairocana et les autres.
Dans leurs cœurs sont om et ainsi de suite,
à l’intérieur desquels il y a un a court et le son qui l’accompagne, duquel des lumières
irradient,
causant, à l’intérieur, leur dissolution à partir de l’extérieur, se mélangeant en un point
précis.
Lorsque vous pratiquez ces trois séparément, récitez le même vers, mais avec les changements appropriés dans les deuxième et troisième lignes :
L’aspect du corps de l’indivisibilité des trois portes
de tous les êtres et de moi-même est visualisé comme étant vairocana.
Dans son cœur il y a un om,
à l’intérieur du quel il y a un a court et le son qui l’accompagne, duquel des lumières
irradient,
causant, à l’intérieur, leur dissolution à partir de l’extérieur, se mélangeant en un point
précis.
Lorsque vous pratiquez pour la parole récitez :
L’aspect de la parole de l’indivisibilité des trois portes
de tous les êtres et de moi-même, est visualisé comme étant Amitabha.
Dans son cœur il y a un ah,
à l’intérieur du quel il y a un a court et le son qui l’accompagne, duquel des lumières
irradient,
causant, à l’intérieur, leur dissolution à partir de l’extérieur, se mélangeant en un point
précis.
Lorsque vous pratiquez pour l’esprit récitez :
L’aspect de l’esprit de l’indivisibilité des trois portes
de tous les êtres et de moi-même, est visualisé comme étant Akshobhyavajra.
Dans son cœur il y a un hum,
à l’intérieur du quel il y a un a court et le son qui l’accompagne, duquel des lumières
irradient,
causant, à l’intérieur, leur dissolution à partir de l’extérieur, se mélangeant en un point
précis.
Les lumières de la syllabe gemme de votre cœur produit la fusion des mondes et des êtres en
une masse de lumière qui s’absorbe en vous. Après cela, la méditation des trois êtres est la
même que dans « totalité ».
L’esprit-vent réapparaît ensuite de cet état en tant que corps de la déité. C’est ce qui est appelé
l’apparition du corps illusoire à partir de la luminosité. Afin de le visualiser, récitez :
Les lumières de la syllabe gemme du cœur produit la fusion des mondes et des êtres.
Sous la forme de lumière, elle se mélangent à moi.
Les déités d’engagement qui sont mon corps, ma parole et mon esprit
Se mélangent progressivement en une sphère de lumière.
Cela met fin à la description de la méditation des étapes de la luminosité.
Les enseignements sur la libération spontanée du bardo est en trois parties :
1. Le premier bardo : la manifestation du dharmakaya
2. Le deuxième bardo : le corps illusoire apparaissant en tant que corps de la déité
3. Le troisième bardo : fermeture des portes de la renaissance dans les six existences
Un pratiquant qui est prêt à entamer l’expérience de la mort devrait penser ainsi : « si les
choses existaient vraiment, la mort serait impossible. Néanmoins, je peux voir qu’il existe la
mort et la destruction. Ainsi, les choses ne sont pas réelles. Ce qui signifie que la mort, elle
aussi, est une apparition qui n’a pas de réalité ». C’est la raison pour laquelle le pratiquant ne
devrait penser en rien à la mort.
Donnez ce que vous possédez aux Trois Joyaux et évitez les amis submergés par la douleur,
les proches et tout ceux qui distrairaient votre méditation.
Si vous le pouvez, asseyez-vous dans la même position que dans la pratique de la candali. Si
ce n’est pas possible, adoptez la posture du lion. Concentrez votre esprit sur le gourou et les
Trois Joyaux. Développez la foi du plus profond de votre cœur et prenez refuge de façon
exceptionnelle.
Développez une intense détermination, encore et encore, en pensant : « Grâce à la mort, je
réaliserai la vraie nature, la luminosité, la vérité ultime. Ensuite, pour le bien de tous les êtres,
je manifesterai, dans le bardo du devenir, le niveau du mahamoudra de l’union ».
Lorsque vous mourrez, la perception des yeux se dissoudra, de telle façon que les formes
deviennent floues. La perception des oreilles se dissoudra, de telle façon que les sons ne
seront plus entendus. La perception du nez se dissoudra, de telle façon qu’il n’y aura plus
d’odeur. La perception de la langue se dissoudra, de telle façon que vous n’aurez aucun goût.
Les perception du corps se dissoudront, de telle façon que les sensations physiques seront
émoussées.
La terre se dissoudra dans l’eau, et votre corps perdra de son énergie. L’eau se dissoudra dans
le feu, et votre bouche et votre nez s’assècheront. Le feu se dissoudra dans l’air, de telle façon
que la chaleur de votre corps diminuera. L’air se dissoudra dans la conscience, de telle façon
que la respiration extérieure s’arrêtera, alors que votre respiration intérieure continuera encore
un peu.
A cet instant premier, il y aura les apparitions, avec un signe interne qui ressemblera à de la
fumée, et un signe externe qui ressemblera au clair de lune. Dans un second [instant], il y aura
l’accroissement, avec un signe interne qui ressemblera à des lucioles, et un signe externe qui
ressemblera à la lumière du soleil. Dans un troisième temps, il y aura l’atteinte, avec un signe
interne qui ressemblera aux flammes d’une lampe, et un signe externe qui ressemblera à
l’obscurité. Ensuite, au quatrième instant, l’atteinte se mélangera à la luminosité. Il y aura un
signe externe comme l’apparition de l’aube, et un signe interne qui sera votre conscience
ressemblant à un ciel sans nuage. Il y aura la luminosité non-conceptuelle qui transcende
l’intellect et n’a ni centre ni coté.
A ce moment, la luminosité de la méditation de cette vie rencontrera la luminosité naturelle,
comme la rencontre entre la mère et le fils. En restant dans cela au repos, on permettra aux
quatre-vingt conceptualisations de cesser, et à la luminosité non-conceptuelle dépourvue
d’élaboration, le dharmakaya, de se manifester. De cela s’élèvera l’entraînement de l’union en
tant que corps illusoire. Afin de visualiser le premier bardo, récitez :
Pour le bien de mes anciennes mères, les six types d’êtres,
au moment de la mort, après la dissolution de l’apparition, de l’accroissement et de
l’atteinte,
je verrai l’esprit qui est la rencontre des luminosités de la mère et du fils,
le visage du dharmakaya naturel et non-conceptuel.
Répétez la méditation et la récitation avec une aspiration intense.
Si le premier bardo à lui seul ne permet pas de trouver la libération, vous entrez dans le
deuxième bardo. Le mouvement des pensées accrochées aux vents est la cause de l’apparition,
en provenance de l’état de luminosité, de l’atteinte et de ses sept natures.
De cette atteinte vient l’accroissement. De l’accroissement vient l’apparition. De l’apparition
vient l’air, le fau, l’eau et la terre. A partir d’eux la totalité des facultés sensorielles se
manifestent et le corps du bardo, qui peut se déplacer n’importe où sans entrave, est créé.
Restez au repos dans la luminosité aussi longtemps que vous le pouvez. Lorsque le processus
inversé des trois visions commence, développez l’intention d’apparaître en tant que corps
illusoire dans le bardo. Afin de le visualiser, présentement, récitez :
Si la luminosité du premier bardo est laissée derrière
et les apparitions du deuxième bardo apparaissent,
à ce moment j’apparaîtrai comme étant le corps de la déité supérieure,
le corps illusoire dans le bardo.
Développez, maintenant, cette intention, de telle façon que lorsque le processus inversé des
trois visions se termine et que le deuxième bardo est créé, vous apparaissiez en tant que corps
illusoire de Vajrayogini.
Autrement, entraînez-vous à rester dans la luminosité ultime et ainsi de suite, de telle façon
que lorsque vous réapparaîtrez, le processus inversé des trois visions et le vent de sagesse
apparaissent en tant que corps de l’union non-préparée.
Si les pratiques précédentes ne vous ont pas amené à l’état suprême, alors le troisième bardo,
tel que l’apparition du ventre de la mère, apparaîtra. Méditez que votre future mère est
Vajrayogini et votre futur père Heruka. En vous écartant du désir, fermez la porte de l’utérus.
Choisissez l’utérus de pratiquants vidyadharas du Mantrayana, un père et une mère que vous
pouvez prendre comme vos propres gourous.
Lorsque vous renaîtrez dans ce ventre, priez ce gourou de père et de mère pour recevoir les
initiations les plus élevées (21). La bodhicitta du gourou père et mère fusionneront, et vous
expérimenterez félicité et sagesse. A ce moment, reconnaissez la réalisation de l’initiation du
secret et reconnaissez le gourou père et mère pour être votre déité yidam.
En maintenant la réalisation des cinq éveils, devenez un nirmanakaya au travers de la
naissance, ce qui n’est qu’une illusion visuelle : une illusion de sagesse avec pour cause la
sagesse. Dans un état de méditation dans lequel vous pensez de cette façon, prenez
possession du ventre. Afin de développer dans cette vie l’intention d’atteindre cela, récitez :
Si dans le deuxième bardo, le corps de l’union
n’est pas accompli, alors à ce moment
je verrai mes futurs parents en tant que déités et abandonnerai le désir.
Je choisirai un ventre et renaîtrai sciemment.
Répétez la méditation et la récitation.
Ceci termine la brève description des étapes de visualisation dans la pratique du bardo. Si ces trois pratiques n’ont pas eu d’effets, vous devez dédier votre bon karma et le sceller avec une prière d’aspiration afin d’obtenir une renaissance pure. Afin de créer, dans cette vie, l’intention d’atteindre cela, récitez :
Si dans ce troisième bardo, la pratique
des trois kayas , n’amène pas un résultat,
je consoliderai le bon karma des trois temps
et avec une bonne dédicace et une prière d’aspiration, créerez une renaissance pure.
Si vous n’êtes pas capable de choisir un ventre, faites une prière d’aspiration et de dédicace dans laquelle vous dites : « J’appelle l’esprit et consolide tout le bon karma accumulé en maintenant une conduite correcte et ainsi de suite. Grâce à sa force, puissé-je obtenir une vie dans laquelle j’aurai la bonne fortune d’être capable de pratiquer les enseignements du Dharma du Mantrayana ».
Telle est la description de la pratique du bardo.
Les instructions du transfert alchimique de la conscience au moment de la mort sont divisées
en trois parties :
1. Le transfert supérieur dans la luminosité
2. Le transfert moyen en tant que corps illusoire
3. Le transfère moindre en tant que corps de la déité
De ceux-ci, les deux premiers ont déjà été décrits.
Il est en trois parties :
a. L’entraînement au transfert
b. Le transfert en arrangeant le corps
c. La méthode de transfert par la force
En deux parties :
i. L’entraînement
ii. La mise en application
Asseyez-vous dans la position du vajra, le dos droit, les deux mains sur les fesses. Visualisez-
vous comme étant Vajrayogini, avec les ouvertures de la bouche, l’anus, les narines, les
orifices des oreilles, les yeux et le nombril scellés par un hrih rouge.
Au centre du corps il y a le canal central, de la grosseur d’un épi de blé. Son extrémité
inférieure est en dessous le nombril. L’extrémité supérieure est largement ouverte à la
fontanelle. Juste au dessus de cet endroit, créer la visualisation de Vajradhara et sa parèdre,
comme dans les préliminaires, et faites leur des offrandes et des prières, confessez leur vos
manquements et violations, et recevez de leur part les initiations complètes. Récitez avec une
foi particulière :
Gourou Sacré ! Gourou Sacré !
Donnez votre bénédiction afin que ma mort se produise en tant que dharmakaya,
mon bardo en tant que sambhogakaya
et ma naissance en tant que nirmanakaya.
Donnez votre bénédiction pour qu’après ma naissance, je sois capable, de ma propre
initiative, d’amener tous les êtres à travers l’espace vers la Mahayana Mantrayana.
Récitez cette supplication avec intensité.
Visualisez votre esprit comme un a bleu sur les anthères d’un lotus à quatre pétales à
l’intérieur du canal central, en dessous du nombril. Au dessus de chaque pétale il y a un yam.
La respiration inhalée se dissout dans le canal central sans tache, et le remplit en dessous du
nombril, produisant la palpitation des quatre yams. Ceci entraînant un courant d’air faisant se
lever le a. Alors que vous récitez sept fois hik ka, le a s’élève jusqu’au nombril. Alors que
vous récitez de nouveau sept fois hik ka, le a s’élève jusqu’au cœur. En récitant une nouvelles
fois hik ka sept fois, le a s’élève directement jusqu’à ce qu’il touche les pieds du gourou. Puis
libérez l’air et récitez vingt-et-une fois ka hik, produisant la descente jusqu’au lotus en
dessous du nombril. Afin de visualiser tout cela, récitez :
Je me visualise comme étant la déité. A l’intérieur de l’extrémité inférieure du canal
central,
sur un lotus, se trouve mon esprit en tant que a.
Il est soulevé par l’air au point de toucher les pieds du gourou à la couronne de ma tête.
La respiration est relâchée, et le a descend jusqu’au lotus en dessous le nombril.
Entraînez-vous à cela jusqu’à ce qu’il y ait un signe, tel qu’une démangeaison, un gonflement, une lymphe ou une excroissance à la couronne de la tête.
Même si les signes de la mort sont apparus, faites ce que vous pouvez, par l’intermédiaire de
différentes méthodes, pour éviter la mort. Si vous n’arrivez pas à empêcher la mort, réparer
toutes les déficiences à vos vœux et engagements, donnez les choses et mettez en place le fait
que vous apparteniez aux Trois Joyaux, exécutez un ganachakra avec des compagnons qui
ont préservés les engagements, placez une image de votre déité yidam devant vous et disposez
une composition d’offrandes.
Pratiquez la même visualisation que précédemment, sauf que cette fois les quatre yams sont
imaginés comme étant des mandalas d’air en prosternation élevant la syllabe. Elle s’élève
comme auparavant mais se mélange au cœur de Vajradhara.
Pratiquez cette visualisation et répétez la récitation sans changer les deux premières lignes,
mais en modifiant le reste :
Je me visualise en tant que déité. A l’extrémité inférieure du canal central,
sur un lotus, il y a mon esprit en tant que a.
L’air le fait s’élever de sorte qu’il se mélange au cœur
du gourou à la couronne de ma tête, devenant indissociable en un goût unique.
Cela s’appelle le transfert de conscience du nirmanakaya.
Une autre visualisation consiste à imaginer qu’il y a un être de sagesse, visualisé comme étant
Vajrayogini d’environ deux centimètres et demi, dans le cœur du gourou. Dans son cœur est
assis un être de samadhi sous la forme d’un hrih rouge. Transférer votre conscience en cela
s’appelle le transfert de conscience du sambhogakaya.
Lorsque la syllabe a est envoyée dans l’espace dépourvu d’objet, cela s’appelle le transfert de
luminosité du dharmakaya.
Allongez-vous dans la position du lion, la tête tournée vers le nord. Imaginez-vous comme étant la déité yidam. Méditez que votre esprit est sous la forme d’un om à la gorge, un hum au cœur et un ah au nombril. Le ah se mélange au hum. Le hum se mélange au om. Le om sort par la narine gauche et se mélange au corps de la déité yidam.
On n’en parlera pas dans ce texte (22).
Ici se termine la brève description de la pratique de transfert de la conscience.
Elle est en quatre parties :
A. Eliminer les obstacles
B. Accroître le bénéfice
C. La façon par laquelle les voies sont parcourues
D. La façon par laquelle les résultats sont atteints
Si la pratique de la respiration est trop vigoureuse pendant les exercices de respiration, ou si
les points importants des pratiques de respiration n’ont pas été compris, le vent de la force de
vie peut s’inverser, ainsi que d’autres complications. Si ces obstacles se produisent, corrigez-
les en en parlant directement à votre enseignant.
Une odeur monte lorsque vous lavez un bol, et de la même façon, à ce moment apparaissent
les cinq poisons de l’esprit et les mauvais résultats qu’autrement nous expérimenterions dans
les six existences d’autres vies. Par conséquent, vous expérimentez un fort accroissement de
la douleur physique, de la négativité dans l’esprit, et ainsi de suite. Dans de tels instants,
méditez sur le corps illusoire et la vacuité. Amener ces expériences sur la voie à l’aide de
pratiques telles que les cinq clous (23).
En particulier, pour beaucoup, le démon de l’orgueil pénètre à cause des qualités qu’ils ont
développées en méditant sur la voie de la méthode. Ainsi, une pensée telle que : « Il n’y a rien
d’identique à cela, même dans l’esprit du Bouddha », doit être amenée à s’apaiser dans un état
dépourvu d’élaboration et à se fusionner en un goût unique. Ne soyez pas trop pressé
d’oeuvrer pour le bienfait des autres. En bref, il existe de nombreux obstacles aux
enseignements de la candali a court et de ses pratiques subsidiaires, tel que le corps illusoire,
et il est difficile de savoir comment les éviter.
Lorsque le vent est maintenu dans les nœuds des canaux ou en d’autres endroits, n’importe
qu’elle sorte d’expérience peut se produire. Si, en conséquence de ces expériences, vous
souffrez, devenez arrogant, espérez ou êtes effrayés, ces expériences vous deviendront des
obstacles. C’est la raison pour laquelle il vous faut éviter de tomber sous le pouvoir de ces
obstacles en comptant sur le nectar qui sort de la bouche du gourou sacré.
Développez une continuité, telle une rivière, de foi dans le gourou, de compassion pour les
êtres, de zèle dépourvu de paresse, une parfaite connaissance des méthodes, une méditation
stable dans la solitude, et ainsi de suite. Ayez confiance dans les mots de votre gourou jusqu’à
ce que vous ayez atteint la stabilité.
Ceux possédant des capacités moyennes et inférieures, pratiquant la félicité au travers de la
symbolique du moudra, devraient pouvoir augmenter le bénéfice grâce à un sceau dans
l’action, une parèdre qui possède les qualités nécessaires, ou grâce à un sceau primordial, une
parèdre imaginée. Ils devront adopter une conduite en relation avec [le niveau de] leur
[atteinte de la] chaleur.
Ceux possédant de fortes capacités, qui sont capable de pratiquer la moudra de la vacuité
suprême et d’autres, devraient adopter une la conduite du bhusuka (24) et accroître les résultats
grâce à mahamoudra.
En bref, les résultats s’accroissent en pratiquant suivant le niveau de chaque individu, les trois
conduites enseignées dans les tantras père et la conduite enseignée dans les tantras mère. En
général, les résultats augment en conservant secrètes les qualités. Ne soyez pas pressé dans
votre désir de devenir un lama et votre prétention à pouvoir faire bénéficier les êtres. Vous
pouvez apprendre les détails de tout ceci auprès de votre gourou.
Sur la première voie de l’accumulation, les afflictions et pensées qui ont produits des résultats
dans d’autres vies sont amenées sur la voie quand le feu da la candali brûle les cinq graines
des poisons de l’esprit, situées dans les cinq endroits du corps impur. Sur la seconde voie de
l’accumulation, ces résultats ainsi que les maladies et les démons sont amenés sur la voie. Sur
la troisième voie de l’accumulation, le continuum des renaissances est amené sur la voie et
tranché. Sur la quatrième voie de l’accumulation, la félicité impure, la clarté, la non-pensée et
la vacuité sont amenées sur la voie.
La première voie de l’engagement est l’entraînement sur la voie de l’absorption de l’esprit-
vent dans les cinq chakras. Sur la seconde voie de l’engagement, la rétention de l’esprit-vent à
l’intérieur de canaux innombrables est amenée sur la voie. Sur la troisième voie de
l’engagement, il y a engagement avec la première vérité en tant que résultat de la félicitée
immaculée, la clarté, la non-pensée et la vacuité amenées [sur la voie]. La quatrième voie de
l’engagement est la rétention de des vents immaculés des cinq éléments en tant que vents de
sagesse. Lorsque la grande félicité et la grande vacuité apparaissent alternativement, c’est la
cinquième voie de l’engagement.
Il existe la traversée de la voie de la vue, le premier niveau [de l’illumination] (bhumi),
appelée Joie Parfaite, lorsque vous voyez pour la première fois le goût unique de la félicité et
de la vacuité, que vous n’aviez pas vu auparavant. Il y a la traversée de la première et des
autres voies de la méditation, jusqu’au douzième niveau appelé le Lotus dépourvu
d’attachement, en parallèle avec la traversée ascensionnelle de l’énergie vitale et ainsi de
suite, jusqu’à ce que la [voie] de la finalisation ait été atteinte.
C’est la conclusion des résultats. Les siddhis généraux ou résultats : La cessation des vents
des cinq éléments dans le canal central est la cause des cinq, dix signes ou plus, tels que la
fumée. Des qualités innombrables apparaissent dans le corps, la parole et l’esprit. Les siddhis
généraux, tels que les cinq activités et les huit siddhis sont aussi atteints. De cette façon vous
atteignez, amenez sous votre pouvoir et augmentez les siddhis mondains.
Lorsque les voies ont toutes été traversées, vous atteignez le siddhi suprême, la treizième
étape, ou étape de Vajradhara, et atteignez l’état de Vajradhara. Le sambhogakaya se
manifeste avec les sept aspects de l’union (25). Il se présentera la danse de l’inexprimable,
l’inconcevable, le réseau illusoire des émanations. L’existence est purifiée dans le cœur de
l’illumination. En bref, l’état unique de Bouddha Vajrasattva, le grand seigneur de toutes les
familles de bouddha, se manifestera.
C’est la conclusion de la courte description des séances de visualisation des six yogas du glorieux Naropa.
Je n’ai pas l’expérience de la méditation,
c’est la raison pour laquelle il m’est difficile d’enseigner la nature de la voie aux autres,
mais j’ai confiance en l’excellent enseignement de mes tuteurs,
et dans la lignée de pratique : l’insurpassable Karma Kamtsang.
J’ai compris et réalisé un peu de cette voie,
ainsi je l’ai présentée succinctement.
Beaucoup, sur cette terre du Tibet, l’ont décrite,
utilisant des mots inutiles, se méprenant sur l’étape de finalisation de la candali
comme n’étant qu’une méthode pour éliminer les taches
de la base de la purification, le corps.
Mon incontestable tuteur, le Karmapa (26),
à l’aide de la lampe des mots mélodieux de Yangchen Shepa (27),
sépara parfaitement ce qui a un sens de ce qui n’en a pas.
Qui pourrait se mesurer à lui dans le royaume du savoir ?
Si vous vous prosternez jusqu’au orteils
de Wangchuk Dorjé, le gourou suprême,
qui possède une compassion intarissable, et suivez sa lignée,
le sens définitif ne sera pas perdu dans le sens général mais apparaîtra directement.
Si j’ai commis l’erreur de dévoiler des secrets en écrivant ce texte,
je demande aux dakinis le pardon.
Puissent tous les êtres, grâce à ce bon karma, pénétrer l’enseignement essentiel et
obtenir le suprême accomplissement immuable.
Afin de satisfaire à la demande de Karma Wangchuk, celui qui enseigne les voies infinies du Mantrayana, moi, Chökyi Wangchuk (28), un moine de Sakyamouni, ai prié les dakinis pour obtenir la permission, ai placé le seigneur Karmapa sur ma tête comme une parure, et ai écrit ce texte en ma vingt-sixième année (29) à Khyung Dzong [le Château du Garouda], palais du Bouddha (30).
1 - Coupe en forme de crâne humain. (retour)
2- Le texte original contient, à cet endroit, une note de bas de page : « Avec votre corps dans la position décrite ci- dessus, visualisez-vous comme étant Vajrayogoni, tel que décrit précédemment. Dans votre corps, en son centre, se trouve le très droit et bleu canal central. Son extrémité supérieure atteint la fontanelle, parée d’une roue à rayons vajra croisés. Son extrémité inférieure se situe aux anthères du lotus secret. Sa taille est celle d’un tige de blé de taille moyenne. A droite se trouve le lalana rouge, à gauche le rasana blanc. Tous deux sont de la même taille que le canal central, et ont la largeur d’une très petite tige de blé. Aucun ne se touchent et tous les trois ressemblent à des piliers creux. (retour)
3 - La lettre e comme début du mot evam (qui signifie « ainsi », le mot du début des soutras et tantras du Bouddha. C’est un euphémisme pour un triangle et aussi la vacuité. C’est, à l’origine, en référence à la forme orthographique de la lettre dans l’écriture Gupta. (retour)
4 - Ici vam est un euphémisme pour « circulaire » et aussi pour clarté ou félicité. Dans l’écriture Gupta cette lettre est circulaire. (retour)
5 - « L’océan » est l’estomac, et « Mont Mérou » la colonne vertébrale. Ce qui signifie que l’estomac est rétracté vers l’intérieur aussi fortement que possible. (retour)
6 - « La bouche du démon (raksasa) » est ici l’anus. (retour)
7 - Canaka est le terme sanscrit exact pour pois chiche, mais cela semble trop grand dans le contexte. Le Great Tibetan-Chinese Dictionary le définit comme étant aussi petit qu’un petit pois ou un pois sec. (retour)
8 - La position décrite est généralement appelée « position du four » ou « position du foyer ». (retour)
9 - Il n’y a pas de numérotation dans le texte pour préciser où finit la 9ème pratique et où commence la 10ème. (retour)
10 - Rangjung Dorjé, Illuminating the Profound Path of the Six Dharmas of Naropa, 538-93 (retour)
11 - Mikyö Dorjé, The Six Dharma of Naropa, 773-892 (retour)
12 - Prunier myrobalan (Emblica officinalis) (retour)
13 - Etre allongé, assis, bouger et aller quelque part. (retour)
14 - Un cheveu blanc recourbé entre les sourcils qui est l’une des caractéristiques d’un bouddha (retour)
15 - L’usnisha est une protubérance à la couronne de la tête qui est l’un des signes premiers d’un grand être et la caractéristique de tous les bouddhas et déités yidam. Dans la méditation, les pratiquants se visualisent comme étant la déité et ont donc un unisha. (retour)
16 - Le shabkyu est la partie basse de la syllabe hum, dans les orthographes tibétaines et indiennes. Il représente la voyelle u. (retour)
17 - Apparition, accroissement et atteinte sont les noms des états d’esprit successifs au début de la mort. Ils peuvent aussi se produire de façon plus subtile lorsque vous vous endormez, défaillez ou avez un orgasme. Pour plus de détails sur les trois visions ou trois lumières, voir Jamgön Kongtrul Lodrö Tayé, Treasury of Knowledge, book 6, part 4 : Systems of Buddhist Tantra (Ithaca, NY : Snow Lion Publications, 2005), 252-70. (retour)
18 - Les quatre vacuités sont le vide, le très vide, le grand vide et le tout vide, qui sont les noms des états d’esprit du début de la mort, du sommeil et ainsi de suite. Ils correspondent respectivement à apparition, accroissement, atteinte et luminosité. (retour)
19 - Les cinq illuminations ou abhisambodhis, dans ce contexte, sont dit arriver : (1) de la discrimination, (2) du développement de la bodhicitta, (3) du vajra de la stabilité, (4) de la nature vajra et (5) de l’égalité de tous les tathagatas. (retour)
20 - Yangchen est l’un des noms de Mikyö Dorjé, le Huitième Karmapa (1507-54) (retour)
21 - Les initiations du secret, de la sagesse et des quatre initiations. L’initiation du vase n’est pas l’une des initiations les plus élevées. (retour)
22 - La méthode en utilisant la force est la même pratique à la base mais avec des techniques supplémentaires de postures, de contrôle de la respiration et des personnes en support. (retour)
23 - Gzer lnga : 1) amélioration grâce à la maladie, 2) la mort transformée en aide, 3) les obstacles pris comme des siddhis, 4) la libération spontanée des pensées et des concepts et 5) les afflictions adoptées comme voie. (retour)
24 - « Quelqu’un qui ne fait rien d’autre que manger et dormir », dérivé du mot sanskrit signifiant manger, bhukta, et du mot sanskrit pour dormir, supta. Le ka ajoute le sens de « celui qui ». (retour)
25 - Les sept aspects de l’union sont la nature du sambhogakaya : 1) l’aspect du sambhoga, 2) l’aspect de l’union, 3) l’aspect de la grande félicité, 4) l’aspect de l’absence de vraie nature, 5) l’aspect d’être empli de compassion, 6) l’aspect de la continuité ininterrompue et 7) l’aspect de l’absence de cessation. (retour)
26 - Wangchuck Dorjé, le neuvième Karmapa (1556-1603). (retour)
27 - Mikyö Dorjé, le huitième Karmapa (1507-54). (retour)
28 - Le sixième Shamarpa (1584-1630). (retour)
29 - Ce devrait être en 1609. Wangchuk Dorjé, le Neuvième Karmapa, est passé au-delà six ans auparavant, à quarante-sept ans. Le Shamarpa âgé de dix-neuf ans, déjà reconnu comme l’un des grands érudits vivants, devint son successeur. Il écrivit ce texte à vingt-cinq ans, sa « vingt-sixième année », parce qu’au Tibet vous avez déjà un an la première année de votre vie, etc. L’année après avoir écrit ce texte, le Shamarpa reconnu formellement Chöying Dorjé, le Dixième Karmapa (1604-74), âgé de six ans. (retour)
30 - Il s’agit d’un lieu de retraite à Tsurphu, le siège des Karmapas, au nord de Lassa au Tibet Central. (retour)
Traduit du tibétain par Peter Alan Roberts.
Traduit de l’anglais par Sönam pour SanghaForum